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Agrobiotek, la start-up lyonnaise qui veut revitaliser le désert marocain

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AGRICULTURE - C'est un projet qui pourrait donner de l'espoir aux pays dont les terres sont arides ou semi-arides. Agrobiotek, une start-up lyonnaise présente à la COP22, qui se tient jusqu'au 18 novembre à Marrakech, promet un processus inédit pour revitaliser les sols inaptes à l'agriculture.

L'essence de ce projet? Une solution appelée géleau, composée d'eau douce, d'un hydro-rétenteur (pour retenir l'eau) et d'"intrants spécifiques qui permettent de favoriser la croissance et la bonne santé des cultures".

Redonner vie à la terre

"Notre challenge est de commencer avec une terre aride, non fertile, et de la revitaliser", explique au HuffPost Maroc Kamal Ait Messaoud, directeur commercial d'Agrobiotek.

Techniquement, comment ça marche? "On met une fine couche de géleau en dessous de la terre, après on met des engrais bio et on arrose", détaille Kamal Ait Messaoud.

Le géleau permet donc de transformer l'eau en gelée pour retenir l'eau le plus longtemps possible dans la terre. Cela permet d'économiser "jusqu'à 95% d'eau d'arrosage". Selon ses concepteurs, il est biodégradable et a une durée de vie de trois à cinq ans sous terre.

Cet hydro-rétenteur a été inventé par le scientifique Jean Claude Garrigue, qui a travaillé sur ce projet pendant 25 ans, avant de s'associer à Agrobiotek, qui a acheté le brevet d'invention afin de le commercialiser.

Revitaliser le désert marocain

Si l'économie de l'eau est un argument de taille, ce n'est pas tout ce qui fait la richesse de ce projet, selon notre interlocuteur. "Le géleau permet également de multiplier les récoltes jusqu'à quatre fois, vu qu'il est enrichi en engrais biologiques".

Lancée en mars 2016, la start-up a déjà décroché des projets au Sénégal, en Argentine et au Canada. Son prochain challenge? "Revitaliser 100 kilomètres du désert marocain entre Laâyoune et Tarfaya", indique le directeur commercial de la jeune entreprise.

"Comme nous rentrons en contact direct avec les gouvernements, nous allons soumettre notre projet au Maroc afin de lui proposer notre solution. Nous comptons également lancer des projets similaires aux Etats-Unis", nous explique-t-il.

Mais au delà du business, les fondateurs du projet Agrobiotek souhaitent avant tout transmettre un message. "Nous sommes présents à la COP22 pour sensibiliser les Etats et les professionnels de l'agriculture afin de minimiser l'usage des pesticides et des engrais chimiques. Car il y a toujours une alternative respectueuse de notre environnement", conclut Kamal Ait Messaoud.

Mise à jour

Suite à la publication de cet article, la société Polyagri France, qui a contacté le HuffPost Maroc, a démenti plusieurs informations énoncées par le directeur commercial d'Agrobiotek.

"Agrobiotek n’a absolument pas acheté le brevet d’invention de Jean Claude Garrigue. La société Polyagri France (qui exploite le procédé breveté) et Agrobiotek ont signé un partenariat de fourniture du support de culture (rétenteur-fertilisant-curatif Hydrosol) fabriqué par Polyagri. Jean Claude Garrigue reste toujours propriétaire de son brevet et commercialise ses produits sous sa marque d'origine. Agrobiotek n'étant qu'un partenaire commercial."

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