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Obama veut y croire, Trump est "plus pragmatique qu'idéologue"

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Obama veut y croire, Trump est "plus pragmatique qu'idéologue" | Reuters
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ÉTATS-UNIS - Le président américain sortant Barack Obama a dit lundi avoir appelé son successeur Donald Trump à "tendre la main" aux Américains qui se sentent déçus et inquiets après sa victoire surprise, au terme d'une campagne présidentielle à la virulence inédite.

"Je lui ai dit, comme je l'ai dit publiquement, que compte tenu de la nature de cette campagne et de l'amertume et de la férocité de cette campagne, il était vraiment important de tenter d'envoyer certains signaux d'unité. Et de tendre la main aux minorités, aux femmes et aux autres qui sont inquiets face au ton de la campagne", a dit Barack Obama.

"Et je crois que c'est quelque chose qu'il va vouloir faire, mais tout va tellement vite", a-t-il ajouté.

"Pas un idéologue mais un pragmatique"

"Est-ce que j'ai des inquiétudes ? Absolument. Bien sûr que j'ai des inquiétudes. Lui et moi divergeons sur tout un tas de sujets", a déclaré Obama lors de cette conférence de presse moins d'une semaine après l'élection de Trump à la présidence des Etats-Unis.

Le président sortant a cependant estimé lundi que son successeur n'était "pas un idéologue mais un pragmatique". "Et cela peut lui être utile, à partir du moment où il a de bonnes personnes autour de lui et qu'il sait clairement où il va", a déclaré Obama alors que Trump a annoncé que ces deux hommes forts seraient le chef du parti républicain Reince Priebus, et Steve Bannon, l'ex-patron du site proche de l'extrême droite Breitbart News.

Les deux hommes s'étaient retrouvés à la Maison Blanche, à l'invitation du président sortant qui avait qualifié d'"excellente" leur conversation mais s'était ensuite dit, selon plusieurs médias, surpris par le manque de préparation de son successeur. Lundi, Obama a estimé que Trump devrait finalement assurer une "grande continuité" et préserver les accords internationaux, malgré ce qui avait été dit pendant la campagne.

Le regret Guantanamo

Après la défaite surprise de Hillary Clinton, Barack Obama - qui veut que les Etats-Unis restent "un phare de l'espérance" et la "nation indispensable" pour la communauté internationale- a également appelé lundi les démocrates à "se battre, à se montrer partout" à travers les Etats-Unis, dans une critique à peine voilée envers la candidate qui a perdu des bastions traditionnels de la gauche le 8 novembre.

Il a rappelé la campagne malheureuse du démocrate John Kerry en 2004 face à George W. Bush, qui avait aussi profondément déçu son camp. "Et deux ans après, les démocrates gagnaient le Congrès et quatre ans plus tard, j'étais président des Etats-Unis. Les choses peuvent changer assez rapidement, mais le changement n'est pas automatique. Elles changent parce qu'on y travaille", a-t-il martelé.

Obama, interrogé lundi sur la prison de Guantanamo, a conclu son intervention sur un regret. "Je n'ai pas été capable de fermer ce satané machin en raison des restrictions qu'on nous a imposées. Mais il est vrai aussi que avons grandement réduit la population (carcérale) et il y a désormais moins de 100 personnes" dans cette prison militaire ouverte à Cuba après les attentats du 11 septembre 2001, s'est-il défendu.

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