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Mohand Laenser: "Ce que nous défendons, c'est la reconduction de l'ancienne coalition au gouvernement" (INTERVIEW)

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MOHAND LAENSER
Morocco's Interior Minister Mohand Laenser attends the opening of the 29th session of Arab Interior Minister's meeting in Hammamet on March 14, 2012. The Ministers met in the Capital of Tunisian Tourism to discuss ways of fighting terrorism and organized crime. AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images) | FETHI BELAID via Getty Images
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MAJORITÉ - "Nous avons notre point de vue, et nous tenons à le défendre", dit Mohand Laenser, secrétaire général du Mouvement populaire (MP). Au moment où le chef du gouvernement et secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD) Abdelilah Benkirane fait état de blocages qui empêchent la formation du prochain gouvernement, ainsi que des divergences de fond avec le RNI, le MP et l'USFP sur la composition de la future majorité, Mohand Laenser, lui, tient à tempérer. "Il y a des choix à faire, et une formule à choisir". Dans cette interview, il revient sur la prise de position de son parti quant à une éventuelle participation au gouvernement, ainsi que les conditions posées par le MP.

HuffPost Maroc: Quelle est la position du Mouvement populaire quant aux alliances?

Mohand Laenser: Notre position est la suivante: nous disons clairement que nous n'avons pas d'a priori pour la participation ou contre celle-ci. En revanche, nous avons fait savoir au chef du gouvernement que si les alliances étaient uniquement celles qui existent aujourd'hui, c'est-à-dire avec le Parti de la justice et du développement (PJD), l'Istiqlal et le Parti du progrès et du socialisme (PPS), nous considérons, au Mouvement populaire, que notre position va être affaiblie, parce que nous n'avons pas de convergence d'idées avec ces partis politiques.

"Ce que nous défendons, c'est la reconduction de l'ancienne coalition au gouvernement"

C'est pour cela que nous demandons à ce qu'il y ait un équilibre. Ce n'est pas une conditionnalité, ni une question de faire entrer le Rassemblement national des indépendants (RNI) ou un quelconque autre parti politique dans la coalition. Nous disons que dans une coalition comme celle-ci, nous ne pourrons pas le faire, et nous risquons de nous retrouver isolés.

Voilà le point de vue que nous avons défendu, et c'est pour cela que nous avons dit qu'il y a des partis avec lesquels nous partageons des valeurs libérales, l'Union constitutionnelle (UC) et le RNI en l'occurrence, avec lesquels nous sommes également membres d'organisations libérales.

Et si le RNI venait à participer, mais pas l'UC, accepterez-vous de participer à la coalition?

Nous partageons beaucoup de points avec l'UC. Nous avons fait partie de l'ancienne coalition (le Wifaq ndlr), et nous entretenons de très bons rapports avec eux. Mais aujourd'hui, la coalition n'est pas la même, et parce qu'avec le RNI et sans l'UC, nous disons --et c'est un choix que nous avons soumis au chef du gouvernement-- que nous repartirons avec l'ancienne coalition au gouvernement, telle qu'elle était (PJD, RNI, MP et PPS en l'occurrence ndlr). Nous aurons la majorité, et ça s'arrête là.

"C'est le chef du gouvernement qui est maitre de l'initiative"

De toute façon, aujourd'hui, je pense que le RNI a clairement dit qu'il ne participera pas au gouvernement sans l'UC. Ils ont constitué un bloc. De notre côté, la participation de l'UC ne nous dérange pas. Nous l'accueillons favorablement puisque nous avons de bonnes relations avec eux.

Le RNI défend la participation de l'UC, tandis que le PJD appuie celle de l'Istiqlal, en plus du PPS... Le risque n'est-il pas de déboucher sur une coalition avec un trop grand nombre de partis?

Oui, effectivement. C'est aussi un choix difficile pour le chef du gouvernement. C'est pour cela qu'il y a d'autres options, et il y a d'autres combinaisons à faire. Vous savez, quand on a une panoplie comme ça, où les alliances ne sont pas forcément dictées par les idéologies, il y a un choix à faire entre plusieurs autres, une formule à choisir entre plusieurs autres.

Y a-t-il un calendrier de rencontres ultérieures avec le chef du gouvernement?

Non, il n'y a rien jusqu'à présent. En principe, c'est le chef du gouvernement qui est maitre de l'initiative. Là, rien n'a encore été fixé. En dehors des premiers contacts, il n'y a pas eu d'autres rencontres. Et là, depuis 10 jours, tout le monde est à Marrakech pour la COP22.

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