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Quand Béji Caid Essbesi imputait à demi-mot la mort de Lotfi Nagdh à Ennahdha (VIDÉO)

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Alors que le Tribunal de première instance de Sousse a prononcé un non-lieu dans l'affaire de la mort de Lotfi Nagdh, coordinateur régional du parti Nidaa Tounes à Tataouine, plusieurs internautes ont vivement critiqué le président de la République Béji Caid Essebsi.

Au lendemain de la mort de Lotfi Nagdh, Béji Caid Essebsi alors président du parti Nidaa Tounes avait tenu un point de presse au cours duquel il avait affirmé indirectement qu'Ennahdha était impliquée dans la mort du militant.

"Lotfi Nagdh qui a été assassiné, dans ce qui est le premier assassinat politique après la révolution, est le résultat d'une opération planifiée et gouvernée dans le cadre d'une campagne de violence téléguidée" avait affirmé l'actuel président de la République Béji Caid Essbessi.

Selon lui, les partis de la Troika étaient derrière cet assassinat: "Il y a d'abord eu une réunion puis une deuxième dans la région de Tataouine durant lesquelles a eu lieu la planification de cet assassinat avec la présence des 3 partis de la Troïka" a-t-il indiqué avant de disculper Ettakatol en affirmant que celui-ci a quitté cette réunion lorsqu'il a compris qu'un "génocide" se préparait.

"Cette opération a été planifiée sous la couverture de ce qui s'appelle 'la ligue de protection de la révolution', qui est actuellement (...) une milice de malfrats (...) connus de tous et surtout du pouvoir" avait-il indiqué.

"Nous avons écouté le représentant du ministère de l'Intérieur (...), le ministre de l'Intérieur, le parti Ennahdha et même le président de cette milice lui même, et la vérité est que tous disent qu'il est mort d'une crise cardiaque, et moi je leur dis: 'vous êtes tous des menteurs et des infâmes' " s'était-il emporté.

Affirmant avoir les vidéos et les enregistrements de ce qui s'est passé, il a indiqué que: "cet assassinat a été un lynchage planifié, orchestré et enregistré, et le pouvoir est au courant et regardait de ses yeux mais ne bougeait pas le petit doigt" d'autant plus, selon Caid Essebsi que Lotfi Nagdh avait informé le pouvoir qu'il était en danger.

"Cette opération a été planifiée et supervisée par ces partis, ces partis dans la région" mais cela n'empêche pas que les haut dirigeants des partis étaient peut-être au courant a-t-il indiqué.

"Cette politique de la violence est devenue risquée. Quand le président d'Ennahdha (...) dit que le mouvement Nidaa Tounes est plus dangereux que les salafistes, cela s'appelle la violence politique. Et cela envoie une lettre claire (...) à ceux qui le soutiennent à passer à la violence physique et c'est ce qui s'est passé" a-t-il renchéri reprochant certaines déclarations à Rached Ghannouchi.

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