Huffpost Algeria mg

A la Turquie de décider de poursuivre ou non le processus d'adhésion à l'UE, dit l'Allemagne

Publication: Mis à jour:
ERDOGAN MERKEL
WARSAW, POLAND - JULY 8: German Chancellor Angela Merkel, President of France Froncois Hollande (C) and Turkish President Recep Tayyip Erdogan chat during the Warsaw NATO Summit on July 8, 2016 in Warsaw, Poland. (Photo by Dursun Aydemir/Anadolu Agency/Getty Images) | Anadolu Agency via Getty Images
Imprimer

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a affirmé mardi que la décision de poursuivre ou non le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne appartenait à Ankara et non pas à Bruxelles.

Certaines personnes soutiennent que les négociations doivent être interrompues. Je suis d'un autre avis, a déclaré M. Steinmeier au cours d'une conférence de presse avec son homologue turc à Ankara.

La décision de savoir si la Turquie doit ou non se rapprocher davantage de l'Europe ne doit pas être prise en Europe ou dans les capitales (européennes), mais en Turquie, a poursuivi M. Steinmeier.

Le ministre allemand des Affaires étrangères a également été reçu par le président, Recep Tayyip Erdogan, et le Premier ministre, Binali Yildirim, dans un contexte de vives tensions entre l'UE et Ankara en raison des purges déclenchées par les autorités turques à la suite de la tentative de coup d'Etat du 15 juillet.

Après le coup de force, les autorités turques ont arrêté, suspendu ou limogé des dizaines de milliers de personnes dans tous les secteurs de la société, de l'armée aux universités, en passant par la presse.

Une quarantaine de journaux allemands ont publié mardi un éditorial du quotidien d'opposition turc Cumhuriyet, dont le patron et une dizaine de journalistes, accusés d'activités terroristes, ont été incarcérés.

M. Steinmeier a fait part des sérieuses préoccupations au sujet de la situation après la tentative de putsch, une allusion aux mesures draconiennes actuellement en vigueur, disant avoir échangé avec son homologue Mevlüt Cavusoglu des points de vue divergents à ce sujet.

Face à l'ampleur des purges en Turquie, des voix se sont élevées en Europe réclamant des sanctions à l'encontre du gouvernement turc. Au cours d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l'UE lundi, le chef de la diplomatie autrichienne a dit l'opposition de son pays à l'ouverture de nouveaux chapitres dans le cadre du processus d'adhésion de la Turquie.

Chaque jour, un ministre des Affaires étrangères se lève dans son coin et dit : +Il faut jeter la Turquie dehors+. Nous en avons assez de cette attitude, a déclaré mardi le chef de la diplomatie turque.

Le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu lundi qu'Ankara organiserait un référendum sur le processus d'adhésion à l'UE si aucune décision n'était prise par Bruxelles d'ici à la fin de l'année sur la suite des négociations.

Les négociations d'adhésion, qui ont officiellement débuté en 2005, sont au point mort depuis plusieurs mois.

La visite de M. Steinmeier intervient également dans un contexte de tensions entre Berlin et Ankara. La semaine dernière, M. Erdogan a accusé l'Allemagne d'héberger des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Réfutant tout soutien de l'Allemagne au PKK, organisation considérée comme terroriste par Ankara, Washington et Bruxelles, M. Steinmeier s'est dit pour le moins irrité par ces accusations.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.