Huffpost Maroc mg

Réforme des retraites: Grève générale le 14 décembre dans le secteur public marocain

Publication: Mis à jour:
RETRAITE
Réforme des retraites: Grève générale le 14 décembre dans le secteur public marocain | DR
Imprimer

RÉFORME DES RETRAITES - Faire marche arrière sur la réforme des retraites adoptée en juillet dernier par la Chambre des représentants. C'est l'objectif principal de la grève générale annoncée pour le 14 décembre prochain par la Coordination nationale contre la réforme des retraites (CNARR).

La grève, qui concernera la fonction publique, les institutions à caractère administratif et les collectivités territoriales, sera accompagnée d’une marche nationale à Rabat, a fait savoir la coordination dans un communiqué.

"C'est la première fois qu'on appelle à une grève nationale, après plusieurs marches et sit-in organisés ces derniers mois pour dénoncer ce plan de réforme destructeur que le gouvernement a fait passer", explique Rachid Lboukouri, membre de la commission nationale de la Coordination, contacté par le HuffPost Maroc. "Le dernier sit-in de protestation a été organisé hier (dimanche 13 novembre) à Marrakech, en parallèle avec la COP22", rappelle-t-il.

"Une catastrophe"

Pour Rachid Lboukouri, qui est également enseignant dans le public, la réforme des retraites portée par l'ancien gouvernement Benkirane est une "catastrophe".

La CNARR, qui compte selon lui sur le soutien de "douze cadres" dont l'Union nationale des ingénieurs marocains (UNAM), réclame avant tout le "retrait de l'augmentation de l'âge de la retraite à 63 ans". L'augmentation des cotisations et la réduction du montant des pensions perçues sont également pointées du doigt par la coordination.

Le projet de réforme des retraites prévoit en effet d’adopter le salaire moyen des huit dernières années de travail comme base pour le calcul de la pension de manière progressive, sur une période de quatre ans.

Le taux de calcul de la pension, actuellement de 2,5%, passera à 2% par an.

Ministres et parlementaires dans le viseur

La coordination estime également que les ministres et les parlementaires ne devraient pas percevoir de pensions de retraite. "C'est un travail qui, à la base, est bénévole, et qui ne mérite pas qu'on soit payé pour", tente Rachid Lboukouri.

De son avis, tout "le projet de réforme des retraites n'a pas lieu d'être. Il n'y pas de crise dans la caisse des retraites, mais plutôt une incapacité technique due à la faible cotisations des travailleurs".

La solution serait, selon lui, de "miser sur l'emploi des jeunes et des chômeurs et d'élargir la carte des cotisations à tout le territoire".

Après un bras de fer qui aura duré plusieurs mois, et qui a opposé gouvernement et syndicats, les projets de lois relatives à la réforme des retraites ont été adoptés en juin dernier par la Chambre des conseillers, puis en juillet par la Chambre des représentants.

La réforme prévoit de relever l’âge de départ à la retraite à 63 ans en 2019, au lieu de 60 ans actuellement. Cette mesure sera appliquée de manière graduelle. Les salariés du public qui auront atteint 61 ans en 2017 pourront prendre leur retraites, ceux de 62 ans en 2018 et enfin les fonctionnaires âgés de 63 ans en 2019. Les cotisations des fonctionnaires à la Caisse marocaine des retraites seront, elle, revues à la hausse, pour passer de 20% à 24%.

LIRE AUSSI: