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Pour Greenpeace, il faut aller au-delà des méga projets comme la centrale solaire Noor

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Pour Greenpeace, il faut aller au-delà des méga projets comme la centrale solaire Noor | DR
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CLIMAT - Pour la COP22, l'ONG Greenpeace a mis les voiles sur le Maroc. L'occasion pour l'organisation de défense de l'environnement de mener plusieurs actions concrètes en faveur du climat, et de passer un message aux chefs d'Etat, organisations, institutions et responsables politiques et économiques présents lors de l'événement mondial sur le climat. Rencontre avec Ghalia Fayad, responsable des programmes de Greenpeace dans le Maghreb et le Moyen-Orient.

HuffPost Maroc: Quelle a été votre action jusqu'à présent au Maroc et que préparez-vous dans le cadre de la COP22?

Ghalia Fayad: L'engagement de Greenpeace au Maroc a débuté un peu avant la COP22. On a commencé à travailler avec les organisations de la société civile, pour identifier les manques à combler en matière d'action environnementale. On a notamment déterminé un besoin en formation pour la mobilisation digitale et environnementale. On a donc organisé un atelier pour former une trentaine de personnes. On a aussi mené des actions de sensibilisation, avec notre bateau Rainbow Warrior qui a débarqué à Tanger puis Casablanca. On prépare désormais activement notre participation à la grande marche climatique qui aura lieu dimanche à 14 heures au stade El Harti de Marrakech.

Le Maroc a inauguré cette année l'immense centrale solaire Noor. Que pensez-vous de ce projet?

L'action en faveur de l'environnement ne passe pas seulement par des méga projets comme la centrale Noor de Ouarzazate, mais aussi par des initiatives locales, qu'elles soient individuelles ou collectives, entre secteur privé et public. On met donc en lumière ces initiatives 100% marocaines en matière de recherche et développement, de financement et d'expertise. Les initiatives des pays du nord ne doivent pas être constamment plaquées sur les pays du sud. Nous avons ainsi fait un focus sur le projet Tahala Grid, dans un village de la province de Tiznit, qui souffrait de coupures d’électricité et de conditions de vie précaires. Le village a adopté un réseau décentralisé de distribution intelligent et digital de l’énergie solaire, permettant aux 1.500 habitants de bénéficier de l’énergie gratuitement.

Quel message souhaitez-vous adresser au Maroc à l'occasion de cette COP?

Pour nous, il s'agit d'encourager ce genre d'innovation, en espérant qu'elle soit dupliquée. Dans ce sens, le Maroc peut être un exemple pour les autres pays de la région. Il s'agit aussi de dire qu'il faut aller au-delà de l'accord de Paris, et qu'il faut travailler dans l'urgence. Il est possible de passer au "100% énergies renouvelables". La transition a déjà commencé, et le Maroc fait partie des pays pionniers. On encourage tous les efforts qui sont faits, mais cela doit aller de pair avec le désinvestissement dans les énergies fossiles et le charbon, et la révision de la loi sur les énergies renouvelables, qui doit être approfondie. Le Maroc devrait encourager également tous les autres pays de la région MENA à ratifier l'accord de Paris, car certains ne l'ont toujours pas fait.

Préparez-vous des actions "coups de poing" au Maroc, comme Greenpeace a l'habitude de faire?

On ne peut pas se prononcer là-dessus (rires). Néanmoins, il est important de souligner que notre action dans la région est différente de celle menée en Europe, par exemple. Nous sommes dans une région où les populations vivent souvent dans une situation de précarité et de fragilité économique ou politique. Il est donc important d'avoir une approche plus positive, en mettant en avant les bonnes initiatives. On promeut les énergies renouvelables en tant que voie de développement, qui peut aider les populations à trouver plus de stabilité en créant de nouvelles opportunités d'emploi et en facilitant la vie au quotidien.

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