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COP22: Youness Miloudi immortalise les dernières tribus primitives de la planète

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TRIBES
Portraits | Youness Miloudi
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PHOTOGRAPHIE - Entre les murs imposants du théâtre royal de Marrakech, loin de l'agitation du site accueillant la COP22, les photographies de Youness Miloudi invitent au voyage - et à la réflexion. Ingénieur par nécessité, photographe par passion, l'artiste autodidacte expose, le temps de la conférence mondiale sur le climat, une série de portraits saisissants de membres de tribus primitives vivant aux quatre coins de la planète.

Inde, Népal, Pérou, Tanzanie, Indonésie, Ethiopie, Brésil... Depuis 2010, Youness Miloudi parcourt le globe avec son appareil photo à la recherche du cliché parfait, toujours pris sur le vif, après une immersion totale au coeur des dernières tribus vivant en autosuffisance.

Une manière pour lui d'immortaliser le quotidien de ces personnes, souvent menacées par les changements climatiques et la mondialisation, et de partager avec le public ces témoins d'un autre mode de vie, peu à peu grignotés par la mondialisation. Comme ce chaman indonésien issu de la tribu des Mentawai, qui porte une grosse montre métallisée sur ses tatouages tribaux.

Déclic photographique

"L'idée, c'était de rencontrer ces tribus, passer du temps avec elles, obtenir leur confiance et comprendre leurs difficultés, que ce soit la sécheresse ou la montée des eaux", nous explique Youness Miloudi. "Je travaille avec un grand angle, c'est-à-dire que je suis vraiment 'collé' à la personne. J'aime beaucoup cet effet qui permet au spectateur de s'immerger complètement dans la photo. J'utilise la lumière naturelle et jamais Photoshop", ajoute-t-il.

expo youness miloudi

L'artiste de 32 ans, originaire de Fès et qui vit en France depuis une dizaine d'années, expose pour la première fois au Maroc après avoir visité une vingtaine de pays. Sa démarche artistique est indissociable de son expérience de globe-trotter. Car chacune de ses prises de vue, de la vallée de l'Omo en Ethiopie à la forêt amazonienne en passant par les montagnes de l'Himalaya, est liée aux rencontres faites sur son chemin lors de voyages vécus "à la roots", nous confie-t-il.

C'est en Inde que l'artiste a connu son premier déclic photographique. "C'est le pays le plus contrasté du monde. J'en ai pris plein les yeux et j'ai passé des semaines à déprimer en rentrant chez moi. C'est à partir de là que j'ai commencé ce projet", raconte-t-il, expliquant trouver une vraie satisfaction personnelle à vivre au contact de ces tribus ancestrales. "Cela peut paraître un peu égoïste, mais j'ai besoin de ces bouffées d'oxygène. Maintenant, je veux partager cette expérience, d'où l'idée de cette exposition", ajoute le photographe.

L'exposition, soutenue par le ministère de l'Environnement et la Fédération nationale des arts et de la culture, est visible jusqu'au 18 novembre au théâtre royal de Marrakech.

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