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Smart Tourism Africa: Comment l'économie collaborative réinvente le tourisme

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TOURISME - L'économie collaborative est-elle en train de réinventer le tourisme? C'est l'une des questions à laquelle a tenté de répondre le businessman et homme politique Moulay Hafid Elalamy, invité de marque de la première journée de la conférence Smart Tourism Africa, jeudi 10 novembre à Marrakech.

Organisé par la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) en partenariat avec le journal La Tribune, cet évènement a réuni, deux jours durant, des acteurs mondiaux de la chaîne de valeur de l'investissement touristique.

Ainsi, pour le ministre de l’Industrie, du commerce de l’investissement et de l’économie numérique, "les modes de consommation ont changé. La smart technologie est train de faciliter les mobilité et de bousculer les habitudes, notamment celles des opérateurs. C'est essentiel de s'y préparer".

Le ministre et fondateur du groupe Saham ne croyait pas si bien dire, tant le marché mondial du tourisme doit faire face à l’émergence de nouveaux acteurs de l'économie collaborative, qui réinventent constamment le marché de l’hébergement.

Ces services se nomment BeWelcome, HouseTrip et surtout Airbnb. Ce dernier connait une croissance fulgurante et s'installe durablement dans le paysage mondial de l’hôtellerie, notamment au Maroc où "il a permis en 2015 l'hébergement de 120.000 personnes", s'est félicitée Sophia Ggiousou, public policy manager chez Airbnb, en charge de l'Europe, du Moyen-Orient et de l'Afrique.

"Ceux qui pilotent avec un rétroviseur doivent savoir que leur espérance de vie est limitée"

Toujours est-il que la percée spectaculaire que connaissent les plateformes d’hébergement sur Internet inquiète les opérateurs touristiques traditionnels. En août dernier, la ville de Barcelone a lancé un vaste plan de lutte contre les appartements touristiques "illégaux", tandis qu'en France, Airbnb a consenti à collecter la taxe de séjour dans une vingtaine de villes pour faire face à la pression politique.

Au Maroc, les riads à prix cassés sur les plateformes d'intermédiation suscitent la colère des professionnels du secteur, qui dénoncent une "concurrence déloyale". Pour autant, si l'instauration d'un cadre juridique qui encadre le "logement chez l'habitant" peut être envisagée, il n'en demeure pas moins que les opérateurs sont appelés à s'adapter à la "digitalisation" et à la montée en puissance de l'économie collaborative, qui touche non seulement l'hébergement mais aussi les modes de transport. Comme le résume Moulay Hafid Elalamy, "ceux qui considèrent qu'ils doivent piloter avec un rétroviseur doivent savoir que leur espérance de vie est limitée".

Reste un autre défi de taille, celui de la protection de l'environnement. Pour le patron de la SMIT Imad Barrakad, "cette pression compétitive, saine pour le consommateur, doit, cependant, ne pas simplement obéir à la loi du marché. Elle doit également se soumettre à un devoir de préservation de l'environnement afin de permettre aux générations futures de connaître, elles aussi, le plaisir que procure la recherche de l'ailleurs et du dépaysement".

La conférence Smart Tourism Africa s'est poursuivie vendredi avec deux plénières auxquelles ont pris part, entre autres, la maire de Paris Anne Hidalgo, le PDG de Suez Environnement Jean-Louis Chaussade, la ministre chargée de l'Environnement Hakima El Haite, l'ancien premier ministre malien Moussa Mara ou encore l'homme politique et militant écologiste français Brice Lalonde.

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