Huffpost Maroc mg

Le Maroc a besoin de 50 milliards de dollars pour atteindre ses objectifs d'atténuation du changement climatique

Publication: Mis à jour:
CLIMATE CHANGE
Le Maroc a besoin de 50 milliards de dollars pour atteindre ses objectifs d'atténuation du changement climatique | David Papazian/Fuse
Imprimer

CONTRIBUTION DÉTERMINÉE - Le Maroc a encore besoin de 50 milliards de dollars pour atteindre son objectif d'atténuation du changement climatique.

C'est qui ressort d'un rapport officiel sur les Contributions prévues déterminées au niveau national (INDC) pour la période 2010-2030.

Selon le document, le royaume ambitionne de réduire de 17 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2030 par rapport aux émissions projetées à la même année selon le scénario CNA (ndlr, cours normal des affaires), dont 4 % sont réalisés grâce aux activités des secteurs de l’AFAT (Agriculture, foresterie et autres affectations des terres).

"En excluant les activités de l’AFAT, l’objectif de réduction est donc de 13 %", lit-on dans le rapport, qui juge qu'une "réduction additionnelle de 25 % est réalisable à certaines conditions, ce qui porterait à 42 % la réduction totale des émissions de GES en 2030".
Pour atteindre cet objectif, le Maroc a besoin d'un investissement estimé à environ 50 milliards de dollars entre 2010 et 2030, soit près de 495 milliards de dirhams.

"L’atteinte de la portion conditionnelle de cet objectif, dont l’investissement est estimé à 24 milliards de dollars, est conditionnée par l’accès à de nouvelles sources de financement et un appui additionnel, par rapport à celui reçu au cours des dernières années", souligne le rapport.

15 à 20% du budget des investissements

Les besoins en matière d’adaptation auront des implications budgétaires importantes pour le Maroc. Jusqu'ici, le royaume a consacré 64% des dépenses climatiques du pays à l’adaptation sur la période 2005-2010. Celles-ci constituent 9% des dépenses d’investissement nationales.

"La part considérable du budget national d’investissement dédié à l’adaptation démontre l’ampleur des enjeux pour la société marocaine. Et cette part est nécessairement appelée à augmenter", souligne le rapport.

Le Maroc prévoit, en effet, d’investir entre 15% et 20% des budgets totaux d’investissement pour l’adaptation du Maroc au changement climatique. Pour atteindre ses objectifs, le royaume "sollicite l’appui de la communauté internationale, qui n’a consacré que 5% du financement climatique à l’adaptation", regrettent les rédacteurs du rapport.

Outre un appui financier, le Maroc compte également "pouvoir bénéficier d’un appui en matière de renforcement des capacités techniques et institutionnelles". Il doit servir notamment à la création de données et le partage des connaissances, ainsi que la mise en oeuvre des "aspects juridique, financier et d’ingénierie pour la conception et la mise en œuvre de projets à l’échelle régionale et locale".

Le plan d’investissement vert qui a été préparé dans ce sens par le Maroc présente, de manière non exclusive, une "trentaine de projets à réaliser dans les secteurs eau, énergie, forêt, agriculture, villes, transport et déchets". Pour les réaliser, il faudrait un investissement global de 38 milliards de dollars sur 15 ans, soit un peu moins de 380 milliards de dirhams.

Le Maroc, hautement vulnérable aux effets du changements climatiques

La position géographique du Maroc fait de lui un pays "hautement vulnérable aux effets négatifs du changement climatique, alors que sa contribution aux causes du changement climatique est extrêmement faible", rappelle le rapport.

La Contribution déterminée au niveau national (CDN) du royaume a été élaborée avec "la conviction que les ambitions mondiales pour s’attaquer au problème du changement climatique appellent à un engagement conséquent de toutes les parties tant en matière d’atténuation, d’adaptation que de moyens de mise en œuvre, d’approches de coopération et de transparence".

Ainsi, en cohérence avec l’article 3 de l’Accord de Paris, la CDN du Maroc présente les efforts du royaume dans la lutte contre le changement climatique en matière d’adaptation et d’atténuation pour l’ensemble des secteurs économiques du pays".

LIRE AUSSI: