Huffpost Maroc mg

Pour le poste de "premier ministre" de Donald Trump, Steve Bannon est en pole position. Et il fait froid dans le dos.

Publication: Mis à jour:
STEVE BANNON
Reuters
Imprimer

ÉTATS-UNIS - Donald Trump maintenant élu 45e président des États-Unis, la course contre la montre est lancée pour préparer une transition sans heurt avec Barack Obama et peaufiner le programme de ses 100 premiers jours au pouvoir.

Mais avant d'entrer en fonction le 20 janvier 2017, le milliardaire new-yorkais doit surtout constituer sa future administration. Une équipe gouvernementale dont la composition va être énormément scrutée car elle traduira la direction qu'il souhaite prendre: aussi populiste que sa campagne ou rassembleuse comme dans son discours de victoire.

Trump n'ayant absolument aucune expérience politique, il devra par ailleurs énormément s'appuyer sur son cabinet pour gouverner, conférant ainsi à chacun de ses ministres un poids particulièrement important.

Le poste clé de chief of staff

Si toute une ribambelle de noms ont d'ores et déjà été évoqués -par le futur président lui-même pendant la campagne électorale- pour prendre en charge les Affaires Étrangères, le Commerce, la Justice ou encore la Défense, un poste clé reste encore vacant: le White House chief of staff.

Celui (ou celle) qui joue ce rôle -traduit en français par "chef de cabinet de la Maison-Blanche"- peut avoir un pouvoir très limité avec un président omniprésent et peu enclin à déléguer. Avec un chef d'État nécessitant d'être très entouré, comme Donald Trump, le chief of staff peut aisément se hisser au rang de 2e personne la plus puissante de l'administration et occuper un poste équivalent à celui de Premier ministre en France.

Qui pourrait donc être ce personnage influent dans la présidence Trump? Steve Bannon, selon le New York Times qui cite deux sources proches des discussions, serait en pole position pour le devenir. Son nom ne vous dit peut-être rien et pourtant un tel choix aurait de quoi faire froid dans le dos.

steve bannon

Porte-voix des nationalistes blancs anti-immigrés

Directeur général de l'équipe de campagne de Donald Trump depuis août 2016, Steve Bannon est celui qui a tiré de nombreuses ficelles en coulisses pour que son candidat continue à séduire ses soutiens les plus virulents pendant que la directrice de campagne Kellyanne Conway tentait en parallèle de promouvoir une image plus douce et plus posée de Trump pour élargir l'électorat.

Cet homme de 62 ans, auteur d'un documentaire à la gloire de Sarah Palin et patron du site d'extrême droite Breitbart News jusqu'à ce qu'il rejoigne Trump au mois d'août, s'est montré pendant cette élection comme l'un des critiques les plus acharnés de Hillary Clinton mais aussi de l'establishment républicain.

Son site d'information a en effet relayé toutes les rumeurs et accusations à l'encontre de la candidate démocrate et n'a pas non plus hésité à s'attaquer aux figures du parti conservateur comme l'ancien candidat à la présidentielle John McCain ou l'actuel président de la Chambre des représentants Paul Ryan.

De quoi en faire un important porte-voix de l'alt-right, un mouvement qui rassemble des nationalistes blancs anti-immigrés et des personnes farouchement opposées à l'establishment politique.

L'homme derrière Breitbart, site d'info d'extrême droite

Le New York Times avait d'ailleurs rappelé au cours de l'été que le site de Bannon avait accusé Obama "d'importer des musulmans pleins de haine", avait comparé le planning familial à l'holocauste, et conseillait aux femmes victimes de harcèlement sur internet de "juste se déconnecter" pour ne pas "dégoûter les hommes du web".

Breitbart "n'est pas simplement conservateur, mais extrémiste, sectaire, colporteur de théories du complot anti-musulmans et antisémites" avait dénoncé la campagne de Hillary Clinton en août. Ce site "ne devrait jamais être près des leviers du pouvoir dans ce pays".

Il en serait on ne peut plus près si jamais Steve Bannon, décrit par le site Bloomberg dans un long portrait de 2015 comme le stratège politique le plus dangereux des États-Unis, était nommé chief of staff le 20 janvier 2017.

LIRE AUSSI:

L'élection de Donald Trump est-elle profitable au Maroc?

Donald Trump est arrivé à la Maison Blanche et est reçu par Barack Obama

Quelle sera la politique étrangère de Donald Trump?