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L'empreinte de VimpelCom dans la mutation de Djezzy en "opérateur digital"

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VimpelCom fête ses 20 années de cotation à la Bourse NASDAQ de New York. Actionnaire minoritaire de Djezzy, depuis l’accord de janvier 2015 qui officialise le rachat de 51% par l’Etat Algérien, VimpelCom apporte son expertise dans la "transformation en cours" de l’opérateur mobile vers un acteur de l’économie digitale. Explications…

Avec environ 230 millions d’abonnés dans 14 pays, des offres de voix, d’Internet haut débit fixe, de data mobile, et de services numériques, et un chiffre d’affaire de près de 10 milliards $ en 2015, le Groupe VimpelCom est un des plus importants opérateurs mobiles dans le monde. Fondé il y a près de 25 ans, par un américain et un russe, en couvrant une partie de Moscou avec 8 BTS, l’opérateur Beeline est vite devenu un Groupe avec 14 opérations dans le monde, dont l’Algérie (depuis 2010), avec OTA (Optimum Telecom Algérie) opérant sous le nom de marque "Djezzy".

Au-delà de l’aspect financer du rachat de 51% des parts, "l’avantage de l’accord entre le gouvernement algérien et VimpelCom, entre le FNI et Djezzy, c’était justement de permettre à une société qui devenait une entreprise publique économique de capitaliser sur l’expérience internationale d’un Groupe comme VimpelCom qui, depuis 20 ans est coté au NASDAQ et depuis près de 25 ans travaille dans des contextes différents, et donc apporte à l’opérateur ce "plus" que d’autres n’ont pas", commente Vincenzo Nesci, Président Exécutif de Djezzy.

"Depuis le début, le Groupe VimpelCom est né avec l’obsession de mettre le client au centre de toute notre attention. Cette valeur fondamentale est toujours valable au sein du Groupe VimpelCom. Nous avons conscience que l’organisation de la vie professionnelle et personnelle des usagers dépend de ce petit outil qu’est le smartphone. Il faut donc être capable de lui offrir des services utiles et faciles à utiliser", explique Vincenzo Nesci, Président Exécutif de Djezzy. "Il faut être capable d’offrir toujours le mieux en matière de technologie, de services, d’applications" dans un marché "sans cesse en mutation".

C’est dans le volet organisationnel que le Groupe VimpelCom veut apporter sa touche au sein de Djezzy. "C’est ce qu’a apporté VimpelCom", y compris dans "la façon d’organiser le travail" au sein de l’entreprise, explique M. Nesci. "Il n’y a plus de portes dans nos bureaux pour laisser libre circulation aux idées. Et bientôt, on s’organisera en «Open Space» pour permettre aux gens d’être ensemble et de fonctionner en structures agiles, pour chercher à recréer la mentalité startup à tous les niveau".

La 3G et la 4G pour tous les algériens

La cotation de VimpelCom au NASDAQ est aussi une "obligation morale et éthique de transparence totale dans notre société", explique le patron de Djezzy. "Et si cette transparence fait défaut, nous sommes confrontés à des sanctions importantes. L’affaire Ouzbékistan a été un exemple de manque d’intégrité, une erreur de parcours lourdement sanctionnée", rappelle M. Nesci.

Dans cette quête de "changement de peau" de l’opérateur, Djezzy profite du programme de "transformation numérique", lancé depuis une année environ par VimpelCom dans toutes ses filiales. "Il s’agit d’accompagner la mutation de Djezzy, de l’adapter au climat concurrentiel, au besoin de structures bien plus agiles que celles d’une société de téléphonie, pour se projeter dans une logique numérique et de data. Nous voulons faire de Djezzy "Le" leader du digital en Algérie", affirme Vincenzo Nesci.

"Le gouvernement a eu le courage de lancer la 3G et la 4G dans une période très courte. C’est un excellent challenge qui va permettre de récupérer le retard qui a marqué le lancement tardif de la 3G, et d’envisager une série de services novateurs aux citoyens. Et quand je dis citoyen, cela concerne tous les algériens. La 3G et la 4G ne doivent pas être accessibles uniquement à des «happy few», une catégorie de privilégiés. Non, tout algérien, où qu’il soit sur le territoire algérien, doit pouvoir bénéficier de ces technologies qui lui donneront accès au «village global», à l’information, à la culture, et à la formation surtout", explique le patron de Djezzy.

Les profils pour accompagner la transformation

Au cours de ce processus de transformation, "on a bien senti que certains de nos collègues n’étaient pas intéressés par ce voyage vers la nouveauté". Une "offre de départs volontaires" a donc été proposée, avec une "compensation très importante qui va permettre à ceux qui ont choisi de partir, de tourner la page de Djezzy en s’installant à leur compte, ou même d’aller chez un de nos concurrents", affirme M. Nesci.

L’opération, qui a été "menée en collaboration avec le syndicat" de l’entreprise, s’est terminée par le "départ de quelques 750 personnes", et qui a été suivie par le lancement d’un "autre cycle vertueux" pour "remplacer une partie des partants par de nouveaux profils, car nous voulons des jeunes ou des moins jeunes très orienté digital".

Selon notre interlocuteur, Djezzy a également lancé en parallèle un autre processus lié au schéma organisationnel et à la prise de décision, d’"empowerment" (de responsabilisation). "On est passé de 9 à 5 niveaux hiérarchiques. Nous attendons de nos managers et nos directeurs qu’ils soient plus axés sur les décisions stratégiques à prendre que sur les signes extérieurs de pouvoir", affirme le patron de Djezzy. "Il faut que les gens développement cette culture de la responsabilité. Mais ce n’est pas de leur faute", reconnaît-il. Selon lui, le précédent actionnaire de Djezzy (Orascom Telecom), ne confiait pas toute la responsabilité au management local". Aussi, les "années de difficultés" ont aussi "laissé des marques profondes". "Pas mal de gens ne prenaient pas de décisions, de peur d’avoir des problèmes".

"Aujourd’hui, la peur est derrière nous. Nous avons un futur qui peut être brillant si nous savons être les acteurs et les bâtisseurs de ce futur", dit-il à l’adresse de l’encadrement de Djezzy et à l’ensemble des employés.

Les "instruments" de la digitalisation

Vincenzo Nesci reconnaît qu’il y a "un potentiel humain énorme en Algérie". "A nous de développer ce potentiel, de changer le mode de prise de décision et la façon de travailler" pour "s’engager pleinement dans le processus de mutation vers l’opérateur digital".

"C’est bien d’avoir des clients data, encore faut-il leur offrir du contenu local qui ne soit pas seulement Youtube et Facebook", commente Vincenzo Nesci. Et pour produire du contenu local, "il faut trouver des jeunes brillants étudiants pour développer des applications locales". Une "étape importante" a été franchie avec "SeedStars", mais bientôt "nous allons lancer l’incubateur Djezzy à l’Ecole Nationale Polytechnique".

Le patron de Djezzy annonce des discussions avec "des groupes financiers" pour "mettre en place des instruments qui permettent aux startups algériennes de financer leurs modèles de business, de commercialiser leurs applications, et probablement pas seulement en Algérie".

Et dans le cadre d’une initiative plus globale, "VimpelCom est entrain de développer une plateforme Open Source qui va nous permettre à ceux qui ont créé ces applications de les monétiser dans toutes les autres sociétés du Groupe".

Interrogé sur le projet d’incubateur à l’Académie Djezzy, M. Nesci affirme que son lancement "sera retardé" pour lui donner une plus grande dimension. "Si les discussions avec les groupes financiers avancent, nous pourrons partir de quelque chose de beaucoup plus ambitieux" a-t-il dit.

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