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Les pro-Clinton accusent les électeurs des "petits partis" d'avoir voté Donald Trump

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SUSAN SARANDON
Actor Susan Sarandon stands backstage at a climate change rally in solidarity with protests of the pipeline in North Dakota at MacArthur Park in Los Angeles, California October 23, 2016. REUTERS/Patrick T. Fallon | Patrick Fallon / Reuters
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ETATS-UNIS - Il y avait Trump, Clinton... et les autres. Les autres, c'est-à-dire Gary Johnson, le candidat libertarien, qui a obtenu 3% des suffrages du vote populaire et Jill Stein du parti écologiste, qui n'a pas dépassé les 1%, selon les premières données. Si ces deux derniers candidats n'avaient absolument aucune chance, certains électeurs, anonymes ou connus, leur ont malgré tout apporté un soutien indéfectible. Un choix parfois difficile à assumer, après la victoire de Donald Trump.

Prenant le contre-pied des Katy Perry ou Steven Seagal, pro-Clinton ou pro-Trump, l'actrice Susan Sarandon, Oliver Stone ou encore l'actrice Raven Symoné avaient indiqué leur intention de voter Gary Johnson ou Jill Stein. Une façon de lutte contre le "bi-partisme" américain, dans lequel beaucoup d'électeurs ne se reconnaissent plus et de réclamer l'émergence d'un nouveau système.

Mais au vu des résultats, et de la victoire de Trump sur Clinton, ces célébrités -et plus largement les électeurs de Johnson et Stein- sont mis au pied du mur sur les réseaux sociaux, où ils sont accusés d'avoir fait pencher la balance en faveur des républicains.

Les chiffres ne mentent pas: si vous avez voté pour Gary Johnson ou Jill Stein, vous avez voté Trump. Vous étiez prévenus. Ne vous prétendez pas différents"

"Au fait, Jill Stein s'est débrouillée pour la jouer façon Ralph Nader (ndlr: le candidat écologiste à l'élection présidentielle de 2008, qui a obtenu moins de 1% des voix). Sans elle, la Floride aurait pu être sauvée."

"Selon 99% des rapports de Floride, Clinton traîne derrière Trump à cause de 135.296 votes. Gary Johnson+Jill Stein = 266.208."

Les chiffres, pas suffisamment précis à l'heure où nous écrivons cet article ne permettent pas d'affirmer ses déclarations. Pour autant, les répercussions, même minimes, de ces votes sont bien réelles.

Le rôle indéniable des "petits partis"

Dès le mois de septembre, Barack Obama lui même avait mis en garde les électeurs. "Si vous ne votez pas, c'est un vote pour Trump. Si vous votez pour un candidat des petits partis qui n'a aucune chance de gagner, c'est un vote pour Trump", avait-il déclaré dans une émission de radio. A l'époque, les sondages lui donnaient raison, montrant que lorsque que les quatre candidats étaient représentés, c'est le clan démocrate qui en souffrait, et non le clan républicain.

Malgré tout, hors de question pour les petits partis de faire allégeance à l'un ou l'autre des principaux candidats. Le 5 octobre, le candidat libertarien interviewé par Fox News, en rajoutait une couche. Alors que le journaliste lui présentait un scénario dans lequel Trump et Clinton tombaient tout les deux d'un bateau, en lui demandant lequel il aurait sauvé, Johnson s'en est tiré par une pirouette: "Et bien, l'Amérique sera sauvée", avait-il déclaré, tout sourire.

Quelques semaines plus tard, les journalistes du New Yorker s'interrogeaient sur les répercussions réelles de ces partis pour les clans républicain et démocrate. Ils soulignaient notamment que, selon les sondages réalisés à cette date, l'écart entre Trump et Clinton était inférieur au nombre de voix que pourrait obtenir le parti libertarien dans onze états. Et rappelaient également qu'en 2000, le candidat Al-Gore avait perdu la Floride à 537 voix près face à George W. Bush, alors que Ralph Nader, le candidat du Green Party, en avait récolté près de 100.000.

De là à accuser les pro-Johnson et Stein d'avoir voté pour Trump, il y a quand même un pas... à ne pas franchir pour l'instant, en l'absence de chiffres plus précis.

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