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Présidentielle américaine: Pourquoi les citoyens collent l'étiquette "j'ai voté" sur cette tombe à chaque élection

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ÉTATS-UNIS - À chaque élection américaine, le même rituel. La tombe de Susan Brownell Anthony est recouverte des fameuses étiquettes sur lesquelles il est écrit "J'ai voté aujourd'hui" et qui sont distribuées dans les bureaux de vote. C'est une manière de rendre hommage à cette suffragette morte avant l'entrée en vigueur du 19e amendement de la Constitution des États-Unis, celui qui donne le droit de vote aux femmes. Une militante de la première heure qui a payé de sa personne pour la reconnaissance de cette évidence.

Pour le vote de ce mardi 8 novembre, l'hommage rendu à cette personnalité a une résonance particulière puisqu'une femme brigue la présidence pour la première fois, en la personne d'Hillary Clinton. Et elle a de grandes chances de l'emporter selon les derniers sondages, qui plus est face à un candidat dont la campagne a été marquée par les polémiques sexistes. D'ailleurs, le cimetière de Rochester abritant la tombe s'attend à une plus large affluence qu'aux élections précédentes. Il a donc décidé de rester ouvert plus tard que d'habitude, jusqu'à la fermeture des bureaux de vote à 21 heures. D'autres étiquettes ne mentionnant pas "j'ai voté", mais rendant hommage à Anthony, seront distribuées à l'entrée du cimetière par les services de la ville.

Une jeune femme, Ellissa Blattman raconte à ABC News qu'elle et sa mère ont plus de 350 kilomètres pour aller rendre hommage à cette figure du militantisme. "Les mots ne suffisent pas pour exprimer à quel point je suis heureuse de rendre hommage à cette femme, en utilisant cette étiquette reçue après avoir voté potentiellement pour la première femme présidente", a-t-elle raconté au journal.

Emprisonnée pour avoir voté

Susan B. Anthony s'est battue sa vie durant pour que les femmes puissent prétendre aux mêmes droits civiques que les hommes. Elle a même été emprisonnée parce qu'elle était allée voter à la présidentielle de 1872. Elle et une cinquantaine de femmes. Quinze d'entre elles avaient réussi à persuader les appariteurs de les laisser glisser leur bulletin dans l'urne. Elles ont toutes été arrêtées puis relâchées, sauf Anthony, perçue à juste titre comme la responsable de cette affaire. Alors que son procès prenait une envergure nationale, la suffragette se rendait dans chaque village pour délivrer son discours en posant une question simple: "Est-ce un crime pour un citoyen américain de voter?". La juridiction fédérale s'emparait de son cas, tandis que les plus grands journaux ont suivi le procès jusqu'au bout.

#SusanBAnthony we have a job tomorrow, so get out there early and make a statement.

Une photo publiée par Matthew Kaplan (@indieesq) le

Nous avons du travail demain, alors partez de là tôt et votez.

Elle n'a jamais payé l'amende

Susan B. Anthony avait des convictions bien arrimées à ses jupons et refusait de payer l'amende de cent dollars qui lui incombait. Le procureur aurait pu l'emprisonner jusqu'à ce qu'elle se résolve à payer, mais il craignait qu'elle ne fasse appel auprès de la Cour suprême. Ne souhaitant sans doute pas que ce cas remonte aussi haut, le procureur a abandonné les charges et Anthony n'a jamais payé son amende.

Ce n'est qu'en 1920 que le droit de vote fut accordé aux femmes et inscrit dans la Constitution. Mais Susan B. Anthony était décédée 14 ans plus tôt. Elle avait tout de même assisté à quelques changements. Il était possible, de son vivant, de voter dans plusieurs Etats.

Fière de cet héritage

La maire démocrate de Rochester a déclaré dans un communiqué "Nous sommes fiers de l'héritage de cette bataille pour l'égalité que Madame Anthony, et d'autres, ont donné à cette ville et je peux imaginer qu'elle aurait aimé participé à cette élection historique pour les femmes."

Les dés ne sont pas encore jetés, mais en cas de victoire d'Hillary Clinton, l'étoile de Susan B. Anthony brillera un peu plus ce mardi 8 novembre.

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