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Élection américaine 2016: Hillary Clinton est-elle vraiment à la solde de Wall Street ?

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HILLARY CLINTON ET LLOYD BLANKFEIN
Élection américaine 2016: Hillary Clinton est-elle vraiment à la solde de Wall Street ? | AFP
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ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE - Corrompue! Voilà l'adjectif qui colle comme un chewing-gum à la campagne d'Hillary Clinton. Impensable en France, où elle tiendrait de la diffamation, cette accusation est reprise en boucle par Donald Trump, mais aussi par Susan Sarandon, soutien du démocrate Bernie Sanders.

Tous pointent du doigt des relations jugées trop étroites avec la finance de Wall Street. Un brasier alimenté par des faits gênants, publics ou révélés par Wikileaks, et un climat de suspicion générale lié à la fameuse affaire à rebondissements des e-mails.

Pour commencer, même Hillary Clinton serait obligée d'admettre que le petit monde de la finance a eu un coup de cœur pour elle. D'après les données officielles rassemblées par le site américain opensecrets.org, Hillary Clinton doit au moins 27% de son budget de campagne aux sociétés d'investissement, aux fonds d'investissements, ainsi qu'aux fonds spéculatifs (134 millions de dollars).

Le lobby des cabinets d'avocats arrive loin derrière avec 36 millions de dollars, tout comme les médias et divertissements (21 millions), le BTP (14 millions) et les assureurs (11 millions de dollars).

Au final, il ne représente qu'une petite moitié des dépenses totales, mais la comparaison avec Donald Trump est frappante, tout comme avec les deux finalistes de 2012. Pour un coût de campagne similaire, Barack Obama a touché 17 fois moins de ces sociétés pour sa dernière campagne.

Pour l'actuel rival républicain, la conclusion est limpide: "Hillary ne réformera jamais Wall Street, elle appartient à Wall Street!"

Wall Street a d'ailleurs bondi lundi, le FBI ayant annoncé dimanche que l'affaire des emails de Hillary Clinton n'entraînerait pas de nouvelle procédure: le Dow Jones a pris 2,08% et le Nasdaq 2,37%. "On dirait que les investisseurs sont soulagés (...) et croient désormais que la démocrate va gagner demain", a résumé Jack Ablin, de BMO Private Bank.

Plus embarrassant, la candidate démocrate a été la cible de révélations de Wikileaks avec la publication de trois conférences données pour Goldman Sachs en 2013 contre 675.000 dollars. Restées jusque-là confidentielles, elles donnent à entendre une Hillary proche des intérêts de Wall Street, en se faisant la porte-voix de l'auto-régulation du secteur.

Et ce n'est pas tout. Entre 2012 et 2014, Hillary et Bill ont donné trois autres conférences pour la Deutsche Bank, première banque allemande, pour 975.000 dollars. D'après CNN Money, rien qu'entre 2013 et 2015, Hillary Clinton a donné 92 conférences pour un gain de 21,6 millions.

Ces conférences n'ont rien d'illégal... mais elles ont ancré dans la campagne la question qui fâche: à quel point Hillary dépend-t-elle de la finance? Jusqu'où pratique-t-elle un double discours? Difficile ensuite de la prendre au pied de la lettre quand elle promet ensuite d'être dure avec les banques...

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