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"Door of Heaven", le monument connecté de Mohamed El Baz pour la COP22

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MOHAMED EL BAZ
2m.ma
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ART - Organique et industrielle à la fois, "The World is a stage/Door of heaven", l'oeuvre de l'artiste contemporain marocain Mohamed El Baz trône sur le parvis de la gare ferroviaire de Marrakech, à l'occasion de la COP22, qui vient de démarrer ce lundi 7 novembre. Imposante, mais surtout engagée, cette installation veut impliquer le spectateur dans le changement, afin qu'il participe activement à protéger l'environnement.

Des panneaux photovoltaïques, des continents illuminés et des silhouettes qui lévitent sur l'ensemble. Que cherchait à exprimer Mohamed El Baz à travers sa nouvelle oeuvre sur laquelle il a travaillé pendant un an? "C'est très simple", nous lance-t-il. "Le monde est tombé sur Marrakech. Les continents et les Etats sont plantés au sol, comme s'ils avaient chuté sur Marrakech", détaille l'artiste.

Ces continents sont remplis d'un moucharabieh bien de chez nous, que l'artiste a mis en relief à travers son oeuvre. "Je voulais un élément qui symbolise la maison. Chaque Marocain dispose de ce motif quelque part chez lui", explique l'artiste. Une métaphore donc qui fait le parallèle entre la Terre et chez soi.

De l'énergie solaire pour éclairer

Et si elle est éclairée de mille lumières le soir, l'installation de Mohamed El Baz, conçue en collaboration avec l'architecte français Ludovic Smagghe, reste propre sur le plan énergétique. Car au milieu des continents se dressent des arbres que l'artiste a voulus industriels et technologiques, dont le feuillage a cédé au profit de panneaux photovoltaïques capables d’emmagasiner l'énergie solaire pour illuminer l'oeuvre une fois la nuit tombée.

mohamed el baz

"Cette partie de l'oeuvre représente un pont entre l'ingénierie humaine et celle de la nature. Ces arbres photovoltaïques capturent l'énergie solaire comme des arbres naturels s'emparent de la lumière du soleil pour effectuer leur photosynthèse."

Dernier détail et pas des moindres, des silhouettes prenant différentes positions lévitent au dessus de l'ensemble, comme pour regarder de haut l'installation. Là encore, Mohamed El Baz a exprimé le rapport entre l'humain et la Terre dans une métaphore des plus subtiles. "J'estime que depuis très longtemps, les hommes regardent la Terre de haut. Aujourd'hui, il est temps que l'homme descende, marche sur la Terre et se sente responsable de son environnement."

Une oeuvre pédagogique avant tout

Mais au delà des métaphores, le point fort de l'oeuvre d'El Baz, c'est qu'elle est connectée. "L'installation est avant tout une oeuvre pédagogique. Nous souhaitons motiver les gens pour inventer leur propre monde et être conscients de la question environnementale", nous explique El Baz.

Ce volet pédagogique, il se manifeste à travers plusieurs QR codes parsemés sur l'installation, que le spectateur peut scanner, avant d'être renvoyé sur le site dédié à l'oeuvre. "La personne est directement renvoyée depuis son smartphone sur www.doorofheaven.org, qui lui proposera un contenu en rapport avec l'un des éléments de la nature, afin de prendre conscience de l'activité de l'homme sur la nature."

Ces informations prennent notamment la forme de chiffres, de compteurs ou encore d'infographies et de cartographies censées provoquer une prise de conscience chez le spectateur.

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