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A Marrakech, des ceintures de sécurité recyclées en accessoires "éco-chic"

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MODE - Créer des robes ou des sacs à partir de sangles de ceintures de sécurité? Tel est le credo de Sandrine Dole, créatrice de la marque Alinfini, basée à Marrakech. Depuis sa création, Alinfini fait dans le "recyclage chic" et se décline en robes et accessoires.

Son histoire a commencé il y a une dizaine d'années. A l'époque, Sandrine Dole, designer artisanale formée à l'industrie, mais généraliste en termes de produits, de matériaux et de techniques, s'installe à Marrakech.

Un distributeur du commerce équitable français lui fait alors une commande: concevoir un programme de récupération et de recyclage des chambres à air usagées à Marrakech, pour les transformer en accessoires et petit mobilier de maison.

C'est de là que lui est venue l’idée de recycler les sangles de ceintures de sécurité, des matériaux potentiellement exploitables, ainsi que des chutes neuves de production, rejetées pour diverses raisons: problèmes de teinture, tissage, longueur...

A l’infini de la création

"Je ne conçois pas de vêtements, mais je passe du mobilier urbain aux luminaires, des accessoires de mode à la vaisselle, de l'acier au cuir, de la céramique au tissu", nous confie-t-elle.

La collection unisexe de ses produits se décline en accessoires: colliers, bracelets, pochettes du soir, besaces, étuis. Sa dernière création, un collier noir, est formée par exemple par six rangs de sangles de ceintures en petites coupures.

Ce bijou, comme tous les autres accessoires que propose la designer, est confectionné à Marrakech, dans un petit atelier artisanal d’une dizaine de personnes.

Le prix du recyclage

Mais recyclage ne rime pas forcément avec bas coût. "L'une des difficultés d'un projet de recyclage est le coût: on a tendance à penser que recyclé veut dire moins cher. Or souvent, c'est l'inverse, la matière recyclée coûte plus cher à travailler que la matière neuve", nous raconte-t-elle, "parce qu'il y a plus de travail de préparation, en particulier pour la collecte, le tri et le lavage, ou de transformation (plus de coutures par exemple".

Alors que le Maroc accueille dès aujourd'hui la COP22, et que le pays semble plongé dans une euphorie environnementale tout à fait inédite, les projets de recyclage se sont retrouvés du jour au lendemain sur le devant de la scène.

L'événement offre en effet aux porteurs de projets "green-friendly" une promotion jusque-là inespérée. Sandrine Dole semble l'avoir compris et ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Son futur projet? Lancer une gamme d'accessoires de voyages, qui exploitent les très petits morceaux de sangles, en particulier les ceintures d'avion usagées.

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