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Le président du Conseil national de l'Ordre des médecins critique le projet de loi sanitaire

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Le président du Conseil national de l’Ordre des médecins, le Dr Mohamed Berkani Bekkat, n'a pas hésité à critiquer le projet de loi sanitaire dans sa version proposée aux parlementaires sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale ce 07 novembre.

Des "correctifs" et des "précisions" doivent être apportés à ce texte a insisté Dr. Bekkat. L’Etat qui doit désormais "compter ses sous", doit, selon le Dr Bekkat, continuer à à garantir l’accès aux soins.

Reprochant au texte qui sera soumis prochainement à approbation des parlementaires l’absence d’une "institution nationale de veille sanitaire", il attirera l'attention sur l'importance de cette structure qui "engloberait les risques multiples et les épidémies mondiales, à l’exemple du Sida et de Zika, l’intérêt étant de "déterminer les constats précis et les conduites à tenir face à ces situations".

Le Dr Bekkat a également, déploré l'absence de définition "des rôles" des Conseils national de l’Ordre des médecins et celui de la Déontologie médicale, lesquels, a-t-il relevé, devraient avoir "un pouvoir exécutif ".

L'hôte de la radio nationale s'est franchement opposé à "une espèce de code pénal bis spécifique aux médecins", contenu dans ledit projet de loi. Les cas d’erreurs médicales, comme l’homicide volontaire ou involontaire et la négligence, a-t-il souligné, relèvent de la jurisprudence des tribunaux et des cours spéciales. "Nous sommes dans un Etat de droit, la loi pénale est au-dessus de toute loi civile à( )à La responsabilité individuelle du médecin est prévue par la loi", a-t-il commenté.

Il ajoutera, en outre, que ses dires ne signifient nullement une consécration de "l’impunité" en cas d’erreurs. Pour lui, il faut garder à l'esprit que "la médecine n’est pas une science exacte et, par conséquent, le médecin n’est pas responsable du résultat mais du dommage" pouvant survenir lors de la pratique médicale.

Interpellé sur la question de la gratuité des soins et sur le sens de l’article 2 du projet de loi, interprété comme une remise en cause de la gratuité des soins, M. Bekkat Berkani soutien qu’il s’agit juste d’une "reformulation" qui permettra à l’Etat d’"améliorer le niveau de soins et de faire ses comptes".

Tout en assurant qu’"il est hors de question de refuser des soins à un individu qui ne présente pas des garanties financières", le président de l’ordre des médecins a fait savoir qu’avec l’entrée en vigueur de cette loi "il sera demandé aux patients de présenter leurs cartes de sécurité sociales". Car explique-t-il, "les gens sont pour la plupart des assurés sociaux et ceux qui ne sont pas couverts comme les chômeurs, l’Etat leur garantit la sécurité sociale".

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