Huffpost Algeria mg

L'armée irakienne face à la "résistance féroce" de Daech à Mossoul

Publication: Mis à jour:
MOSUL
Iraqi forces wait in the town of Gogjali, on Mosul's eastern edge, as they head to the main hub city during a military operation to retake it from jihadists of the Islamic State group on November 4, 2016.Jihadist fighters unleashed a deluge of bombs and gunfire on Iraqi forces punching into the streets of Mosul for the first time, forcing some units into a partial pullback. / AFP / BULENT KILIC (Photo credit should read BULENT KILIC/AFP/Getty Images) | BULENT KILIC via Getty Images
Imprimer

La reconquête prendra bien du temps. Des forces d'élite irakiennes entrées dans Mossoul, pour la première fois depuis le début de l'offensive pour reprendre la deuxième ville d'Irak, ont dû se replier partiellement face la "résistance féroce" des combattants du groupe Etat islamique (EI, ou Daech).

Un responsable militaire a déclaré à une journaliste de l'AFP présente aux abords de la ville que les forces d'élite du contre-terrorisme (CTS) étaient entrées vendredi 4 novembre dans les rues d'Al-Karama, un quartier de l'est de Mossoul, avec des véhicules blindés et des bulldozers sous les tirs ininterrompus des terroristes.

Certains de ces blindés se sont retirés au bout de quelques heures, a constaté la journaliste de l'AFP.

Regardez (en rouge) les zones reprises par les forces irakiennes et kurdes au 4 novembre:

Ci-dessous, retrouvez aussi l'évolution de la bataille depuis le 17 octobre:

mossoul

"Les terroristes sont très nombreux"

"Nous ne nous attendions pas à une telle résistance, ils (les terroristes) avaient bloqué toutes les routes", a expliqué un officier du CTS sous couvert de l'anonymat. Les terroristes ont installé des barrières et des bombes dans les rues.

"Les terroristes sont très nombreux. Il était préférable de se replier et d'élaborer un nouveau plan", a-t-il ajouté, alors que les responsables militaires évaluaient la possibilité de tenter une nouvelle percée dans la grande ville du nord de l'Irak.

Les premières forces à entrer dans Mossoul depuis le 17 octobre, date de lancement d'une grande offensive contre Mossoul, ont tout de suite rencontré une "résistance féroce" de la part de l'EI, a indiqué à l'AFP Muntadhar Salem, un commandant du CTS.

Elles avaient quitté dès l'aube Gogjali, dernier village avant l'entrée est de la ville, et traversé un cimetière bordant l'est de la métropole en tirant de longues rafales avec leurs mitrailleuses. D'autres forces irakiennes avaient préparé leur percée en faisant feu depuis des blindés sur le quartier d'Al-Karama.

Daech revendique l'attentat de Diyarbakir

Les frappes aériennes de la coalition internationale menée par Washington s'étaient par ailleurs intensifiées ces deux derniers jours sur Mossoul pour préparer l'assaut, en dépit des colonnes de fumée noire créées par les terroristes pour les gêner.

Des terroristes se sont également infiltrés vendredi derrière le front dans la région de Charqat, à environ 90 kilomètres au sud de la métropole, et ont tué sept membres des forces irakiennes lors d'affrontements, selon des responsables.

Dans un rare enregistrement sonore publié jeudi, le chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, était sorti de près d'un an de silence pour exhorter ses troupes à lutter jusqu'au martyre pour défendre Mossoul. Il avait également incité ses partisans à attaquer la Turquie voisine, qui dispose de troupes stationnées sur une base près de Mossoul et veut jouer un rôle dans l'offensive sur la ville.

Et l'agence Amaq, organe de propagande du groupe terroriste, a affirmé vendredi soir que l'EI était responsable de l'attentat à la voiture piégée commis dans la matinée à Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, qui a fait neuf morts.

Peu d'habitants ont pu partir

En progressant vers la métropole depuis trois directions (sud, est et nord), les dizaines de milliers de combattants irakiens et kurdes impliqués dans cette opération militaire de grande envergure ont croisé la route de civils fuyant les combats.

La plupart sont originaires des villages autour de Mossoul car peu d'habitants de la ville-même, qui seraient plus d'un million, ont pu partir. Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés a indiqué que 3000 personnes déplacées, dont beaucoup originaires de Gogjali, étaient arrivées au camp de Hasancham, récemment ouvert.

Les déplacés sont exposés à un grand danger, car ils peuvent être visés par les terroristes pendant leur fuite et doivent ensuite éviter les mines plantées par ces derniers.

Vendredi, 12 civils irakiens qui fuyaient la région de Hawija, à 180 kilomètres au sud-est de Mossoul, ont ainsi péri quand une bombe a détruit leur véhicule. Un policier a également été tué.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.