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Abdelilah Benkirane: "Si j'échoue à former un gouvernement, je reviendrai chez moi"

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BENKIRANE
Moroccan Prime Minister and Secretary General of the ruling Islamist Justice and Development Party (PJD), Abdelilah Benkirane, speaks during a conference in Sale on October 22, 2016. / AFP / FADEL SENNA (Photo credit should read FADEL SENNA/AFP/Getty Images) | FADEL SENNA via Getty Images
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GOUVERNEMENT - Au moment où les négociations pour la formation du prochain gouvernement semblent bloquées, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a déclaré, dans une interview accordée au quotidien arabophone Akhbar Al Yaoum, que s'il échoue à s'assurer une majorité qui lui permette de former un gouvernement, il n'entrera pas "dans un labyrinthe. J'irai voir Sa Majesté, pour lui dire que j'ai échoué à former un gouvernement, et je reviendrai chez moi".

"Les gens ont dit leur mot, et le roi a pris sa décision

Durant l'interview, le chef du gouvernement indique qu'il continuera de traiter avec les partis politiques "de manière sérieuse".

"Les gens ont dit leur mot, et le roi a pris sa décision. Tout le reste, je ne m'en soucie pas, et je ne me soumettrai pas au chantage", a martelé Benkirane.

Des négociations qui n'avancent pas

Jusqu'à présent, les négociations pour la formation du prochain gouvernement n'avancent pas, et la priorité du moment est d'"aplanir les divergences entre les partis politiques", a déclaré le président du Conseil national du Parti de la justice et du développement (PJD) Saâdeddine El Othmani au HuffPost Maroc.

Si l'Istiqlal et le Parti du progrès et du socialisme (PPS) ont déjà tranché, concernant leur alliance avec le Parti de la justice et du développement, le Rassemblement national des indépendants (RNI) devrait prendre une position définitive sur le sujet lors d'une rencontre de son bureau politique. La décision du RNI engagera très probablement celle de l'Union constitutionnelle (UC), qui a décidé de faire front commun avec le parti présidé par Aziz Akhannouch. Si la participation du RNI au prochain gouvernement semble assurée, celle de l'UC l'est moins.

Le Mouvement populaire (MP), lui, a délégué à son secrétaire général la tâche de conduire les négociations avec le chef du gouvernement, lors du Conseil national du parti, qui s'est tenu samedi 29 octobre.

Pour l'Union socialiste des forces populaires (USFP), les choses sont plus compliquées. En théorie, le parti devrait réunir sa commission administrative pour trancher quant à une éventuelle participation au gouvernement. Aucune date n'a, jusqu'à présent, été arrêtée pour cette réunion.

Reste à savoir à quoi ressemblera l'opposition. Ce que l'on sait jusqu'à présent, c'est que le Parti authenticité et modernité (PAM) sera dans l'opposition. La Fédération de la gauche démocratique (FGD) a annoncé, de son côté, qu'elle fera de "l'opposition démocratique" et non "une opposition ordinaire". Comprenez: elle fera de l'opposition sans pour autant rejoindre un quelconque camp d'opposition.

Hormis ces deux partis politiques, aucun autre n'a annoncé qu'il rejoindra l'opposition. Car la question de savoir qui sera dans l'opposition est intimement liée à celle sur qui sera de la majorité. Celle-ci n'étant pas encore réglée, vu que les négociations se poursuivent, on n'aura donc de la visibilité sur le camp d'opposition que quand la majorité sera formée.

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