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Des "abus significatifs" dans l'offensive anti-terroriste menée contre des Belgo-marocains

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DJIHAD
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DROIT DE L'HOMME - C'est un rapport pour le moins alarmant que vient de rendre public l'association Human Rights Watch sur les dérives de la lutte antiterroriste en Belgique.

Comme point de départ, l'ONG explique que depuis les attentats meurtriers de novembre 2015 à Paris et ceux de Bruxelles en mars 2016, menés par des terroristes ayant des liens avec la Belgique, les autorités du pays ont mené une vaste offensive anti-terroriste.

"L’offensive ciblait en particulier la communauté musulmane de Belgique, dont une majorité de membres sont d’origine marocaine, ou détiennent la double nationalité belgo-marocaine", explique HRW.

Mais après une longue enquête sur la campagne anti-terroristes belge, et des dizaines d’interviews de personnes concernées (personnes ayant fait l’objet de mesures anti-terroristes, avocats, familles, experts sécuritaires, activistes des droits humains), Human Rights Watch a mis au jour des abus significatifs, notamment l'adoption de lois anti-terroristes "problématiques" et des opérations des forces de police "recourant à une force excessive au cours des douze derniers mois".

Le rapport de 67 pages "expose en détail des mesures visant à placer les prisonniers détenus pour terrorisme en isolement prolongé, et permettant au gouvernement de retenir les passeports et d’étudier les relevés téléphoniques et les e-mails des personnes soupçonnées de terrorisme sans autorisation judiciaire".

"Nous partageons l'indignation et la douleur de la Belgique et de la France, et voulons voir les responsables traduits en justice. Toutefois, le recours à une force excessive lors de certains raids menés par la police risque d’engendrer un sentiment d’aliénation au sein des communautés dont la coopération pourrait pourtant aider à faire face à la menace", commente, dans un communiqué, Letta Tayler, chercheuse senior auprès de la division Terrorisme à Human Rights Watch et auteur du rapport.

Le gouvernement fédéral belge a adressé une réponse à l'association dans laquelle il admet qu'un "certain nombre d'incidents" ont été recensés, mais qu'"il s’agit d’incidents isolés et ce n’est en aucune façon le résultat d’une politique délibérée".

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