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La fabuleuse histoire du Rainbow Warrior de Greenpeace

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RAINBOW WARRIOR
People walk past the Rainbow Warrior III, in the port of Casablanca, Morocco, Friday, Nov 4, 2016. Greenpeace's iconic ship is visiting Morocco ahead of the COP22 Climate Conference, to raise awareness about the massive potential for solar energy in the region.(AP Photo/Abdeljalil Bounhar) | ASSOCIATED PRESS
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ENVIRONNEMENT - Ce vendredi 4 novembre, le Rainbow Warrior, le navire amiral de Greenpeace, a jeté son ancre au port de Casablanca pour une dernière étape au Maroc avant de prendre son départ vers le Mexique, pour une nouvelle mission de sensibilisation au réchauffement climatique et à l'intérêt d'utiliser des énergies propres.

En août, le navire a démarré son périple au Liban, traversant ainsi la Méditerranée pour transmettre son message écologique. "Nous sommes passés par la Turquie, l'Italie et l'Espagne, avant d'arriver à Tanger", raconte au HuffPost Maroc Ghalia Fayad, responsable des programmes de Greenpeace dans le Maghreb et le Moyen-Orient.

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Une traversée symbolique pendant laquelle les bénévoles de Greenpeace se sont arrêtés plusieurs fois afin de recueillir les messages des militants pour l'environnement et prêcher l'urgence d'agir pour maîtriser le réchauffement climatique.

"Après l'étape casablancaise, le bateau prendra un nouveau départ, et nous, responsables de Greenpeace, allons nous rendre à la COP22 afin de transmettre toutes ces voix pour l'environnement aux dirigeants politiques", s'enthousiasme la jeune Fayad, qui souhaite que le Maroc "encourage les initiatives locales et travaille dans l'urgence pour encourager au respect de l'environnement.

Une étape de sensibilisation à Tanger

Avant Casablanca, le Rainbow Warrior s'est arrêté le 28 novembre à Tanger pour une journée portes ouvertes afin de sensibiliser les Tangérois à la question environnementale. "Nous voulions que les citoyens réalisent l'importance de l'énergie solaire et avons collecté des messages de soutien pour vivre dans un monde alimenté à 100% par les énergies renouvelables", nous raconte Julien Jreissati, chargé des campagnes de Greenpeace dans la région. Le responsable se dit d'ailleurs très fier que le navire ait reçu pas moins de "3.000 visiteurs en un jour et demi à Tanger".

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Mais si la plupart des Marocains découvrent, à l'occasion de la Conférence du climat, ce navire vert, le Rainbow Warrior a déjà 45 ans. "Nous disposons de trois grands bateaux, dont celui-ci, explique Ghalia Fayad. Le Rainbow Warrior est certainement le plus emblématique des navires de Greenpeace puisqu'il a une histoire particulière."

Il était une fois un bateau engagé...

L'histoire de Greenpeace avec les bateaux a commencé dans les années 70, lorsque des militants de l'ONG ont pris la mer, accompagnés de quelques journalistes, afin de protester contre les essais nucléaires des Etats-Unis. Une victoire pour Greenpeace qui a réussi à mettre fin à ces expériences.

"Nos bateaux sont le plus souvent issus de la récupération. L'Arctic, par exemple, était un brise-glace. Le Rainbow Warrior est le premier des trois à avoir été construit par Greenpeace, c'est un voilier de 60 mètres pouvant accueillir jusqu'à 30 personnes à bord pendant plusieurs jours. Il fonctionne à 80% à l'énergie produite par le vent, nous utilisons le fuel uniquement quand les conditions climatiques ne permettent pas de circuler à l'aide du vent", indique Ghalia Fayad.

Le Rainbow Warrior est mort, vive le Rainbow Warrior!

Mais le Rainbow Warrior que nous connaissons aujourd'hui n'est pas le premier du même nom de Greenpeace. "En 1985, le Green Warrior a été coulé par les services secrets en France, alors que le navire protestait contre les essais nucléaires de l'Hexagone", raconte Fayad. Ce n'est qu'en 2015 que l'agent responsable d'avoir coulé le chalutier s'est excusé auprès de Greenpeace.

rainbow warrior 1985

Sitôt remplacé par un autre navire récupéré, le nouveau Rainbow Warrior a défié les vagues et a emmené les militants de l'ONG aux quatre coins du globe pour affirmer leurs convictions et protester à différentes occasions lorsque les décisions de plusieurs gouvernements portaient atteinte à l'environnement.

Ce deuxième Rainbow Warrior a mené sa mission avec succès jusqu'en 2011. "Cette année-là, le Rainbow Warrior II a pris sa retraite. Aujourd'hui, il accueille un hôpital au Bangladesh", poursuit la responsable de Greenpeace.

Plus robuste, parce que le premier construit par l'ONG, le Rainbow Warrior III, que nous connaissons aujourd'hui, a poursuivi la mission de ses prédécesseurs. Sa tournée méditerranéenne est l'une des plus médiatisées, parce qu'intervenant dans le contexte propice de la COP22, qui commence le lundi 7 novembre à Marrakech.

"Pour ce périple, nous avons également lancé la campagne Sun Unites Us (Le soleil nous unit, ndlr), pour que les gens prennent conscience de l'impact de l'énergie solaire. Nous avons notamment collaboré avec le groupe libanais Mashrou' Leila, qui a réadapté une de ses chansons pour la transformer en hymne de la campagne, afin que celle-ci touche le plus de monde possible", s'enthousiasme Fayad, qui ne cache pas sa fierté du million de vues réalisé par le clip, tourné sur le navire amiral en plein mer, entre l'Italie et l'Espagne.

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