Huffpost Maroc mg

À quoi ressemblera l'opposition?

Publication: Mis à jour:
PARLEMENT MAROC
DR
Imprimer

POLITIQUE - On a beaucoup glosé sur ce à quoi ressemblera le prochain gouvernement, les partis politiques qui y participeront, ou encore la répartition des portefeuilles ministériels. En revanche, on a peu parlé de l'opposition. Et pourtant, celle-ci est tenue d’apporter une contribution active et constructive au travail parlementaire, en proposant des textes de loi, en amendant ou en s'opposant à d'autres.

Elle contrôle le travail de l'exécutif via le mécanisme des questions orales et écrites adressées au gouvernement. Elle peut mettre en place des commissions d'enquête parlementaires et préside la commission en charge de la législation à la Chambre des représentants. La Constitution, les lois organiques et ordinaires ou encore le règlement intérieur de chaque Chambre du parlement accordent différents droits et devoirs à l'opposition.

Et si le mandat du précédent gouvernement a été ponctué de sorties et de salves de l'opposition, qui a rempli sa fonction avec âpreté, c'est avant tout grâce (ou à cause?) des partis politiques qui la composaient. Aux côtés du Parti authenticité et modernité (PAM), siégeaient le parti de l'Istiqlal, qui a causé bien des soucis à la majorité au gouvernement, et l'Union socialiste des forces populaires (USFP), rompu à l'exercice de l'opposition.

Le PAM "ne se voit pas faire de l'opposition avec le MP, le RNI ou l'UC"

Ce que l'on sait jusqu'à présent, c'est que le Parti authenticité et modernité (PAM) sera dans l'opposition. La Fédération de la gauche démocratique (FGD) a annoncé, de son côté, qu'elle fera de "l'opposition démocratique" et non "une opposition ordinaire". Comprenez: elle fera de l'opposition sans pour autant rejoindre un quelconque camp d'opposition.

Hormis ces deux partis politiques, aucun autre n'a annoncé qu'il rejoindra l'opposition. Car la question de savoir qui sera dans l'opposition est intimement liée à celle sur qui sera de la majorité. Celle-ci n'étant pas encore réglée, vu que les négociations se poursuivent, on n'aura donc de la visibilité sur le camp d'opposition que quand la majorité sera formée.

Au PAM, on ne fait pas secret de la crainte du parti de se retrouvé isolé. Et "la question qui se pose, c'est qui sera avec nous dans l'opposition", confie une source au parti, qui ajoute que le PAM "ne se voit pas faire de l'opposition avec le MP, le RNI ou l'UC. Ils ne sont pas faits pour ça". Autant dire que le parlement ne risque pas de se transformer en tribune de l’opposition, si certains de ces partis décidaient de s'allier au PAM.

La carte USFP pour insuffler une certaine énergie à l'opposition

L'espoir, pour le parti dirigé par Ilyas El Omari, est que l'Union socialiste des forces populaires (USFP) décide de rester dans l'opposition, dans la mesure où le parti de Driss Lachgar pourrait insuffler une certaine énergie au camp censé constituer un contrepoids de l'exécutif.

Mais si l'USFP n'a pas encore tranché quant à sa participation au prochain gouvernement, les signaux contradictoires qu'elle envoie au PJD laissent penser qu'elle pourrait décider de rester dans l'opposition.

D'autant que les instances dirigeantes du parti sont divisées sur la question de la participation, qui a élargi le hiatus entre les membres du bureau politique qui soutiennent une participation au gouvernement, et d'autres dirigeants USFPéistes, qui s'y opposent clairement. Pris entre deux feux, Driss Lachgar évite, jusqu'à présent, de prendre une position claire sur le sujet, qui indisposerait une partie de ses cadres, et préfère jouer la montre en attendant d'avoir plus de visibilité sur la question.

La Constitution garantit, dans son article 10, à l’opposition parlementaire "un statut lui conférant des droits à même de lui permettre de s’acquitter convenablement de ses missions afférentes au travail parlementaire et à la vie politique". Elle garantit à l’opposition la présidence de la commission en charge de la législation à la Chambre des représentants, et la participation effective à la procédure législative, notamment par l’inscription de propositions de lois à l’ordre du jour des deux Chambres du Parlement.

LIRE AUSSI: Les principales leçons du scrutin du 7 octobre