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L'audience des adolescentes poursuivies pour "homosexualité" reportée

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LGBT HOLDING HAND
Two women holding hands with a wooden background. One is caucasian, the other is black. Multicultural, homosexual love and friendship concepts. | william87 via Getty Images
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JUSTICE - L'audience des deux adolescentes poursuivies pour "homosexualité", qui devait se tenir au tribunal de première instance de Marrakech ce vendredi matin, vient d'être reportée au 25 novembre, nous indique Nidal Azhary, co-fondatrice de l'Union féministe libre. Elles sont toujours poursuivies en état de liberté.

Les deux adolescentes, âgées de 16 et 17 ans, ont été arrêtées jeudi 27 octobre à Marrakech, après avoir été "surprises" en train de s’embrasser sur le toit d’une maison.

La police, alertée par un témoin, s'est rendue sur place et a procédé à leur arrestation pour les mettre en garde à vue. Jeudi matin, le tribunal a décidé de leur accorder la liberté provisoire.

"C’est sur la base d’une requête introduite par les trois avocats qui assurent la défense des deux filles que cette libération a été prononcée", avait expliqué à Jeune Afrique Omar Arbib, représentant de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Marrakech.

L'une d'entre elles aurait été très mal traitée en prison

Nidal Azhary, qui suit de près cette affaire, confie au HuffPost Maroc que les deux adolescentes ont été très marquées par leur détention: "elles ne sont vraiment pas dans un bon état depuis hier, elles ne mangent plus".

L'une d'entre elles aurait été "très mal traitée en prison". Les deux jeunes filles peuvent cependant "compter sur le soutien de leurs familles respectives", selon Nidal Azhary.

Selon Omar Arbib, il s’agit du premier cas d’homosexualité féminine soumise à un tribunal.

L’article 489 du code pénal marocain prévoit des peines de prison et des amendes pour qui se rend coupable "d'actes licencieux ou contre nature avec un individu du même sexe".

L'homosexualité est passible de 6 mois à 3 ans d'emprisonnement et d'une amende de 120 à 1200 dirhams. Les arrestations de personnes homosexuelles alimentent souvent les pages des faits-divers de la presse marocaine, au même titre que les actes de violences à l'encontre de la communauté homosexuelle.

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