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Au Climate Finance Day, Masen annonce la première obligation verte du Maroc

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Au Climate Finance Day, Masen annonce la première obligation verte du Maroc | DR
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ENVIRONNEMENT - Le Maroc aura lui aussi ses "Green Bonds". L'annonce a été faite ce vendredi matin par Mutapaha Bakkoury, président du directoire de l'Agence marocaine de l’énergie solaire (Masen), en ouverture du Climate Finance Day, événement labellisé COP22 dont l'objectif est justement de pousser les investisseurs à mobiliser des fonds en faveur d'une économie verte.

"Nous avons profité de cette journée consacrée aux financements verts pour annoncer une opération relative au financement de nouveaux projets qui seront conduits par Masen. L'agence a pu hier soir (jeudi 3 novembre, ndlr) finaliser une opération pour l'émission des premières obligations vertes au Maroc pour un montant total de 100 millions d'euros, soit 1,15 milliard de dirhams", a confié M. Bakkoury au HuffPost Maroc.

Trois nouvelles centrales solaires

Cette somme servira à financer la construction de trois nouvelles unités solaires dans le sud du Maroc "d'une capacité totale de 170 mégawatts qui sera générée par de l'énergie photovoltaïque". Selon le patron de Masen, la première sera située à Ouarzazate et sera dotée d'une capacité de 10 mégawatts. La deuxième, elle, verra le jour à Laâyoune (20 mégawatts) et la troisième à Boujdour (80 mégawatts).

Les travaux de construction de ces trois projets débuteront début 2017 pour être achevés fin 2018. "Cette initiative montre que le secteur du financement public a la capacité de suivre cette dynamique. Cette opération a été réalisée en partenariat avec des institutions financières nationales, dont Attijariwafa Bank qui est intervenue comme banque de conseil", a précisé Bakkoury.

Saïd Brahimi, le directeur général de Casa Finance City (CFC), s'est également réjoui de cette émission obligataire verte. Pour lui, il s'agira désormais de réfléchir à comment développer ces Green Bonds au Maroc.

Multiplier ces outils

"Nous avons appris ce matin que Masen a fait la première émission d'obligation verte au Maroc et en Afrique. L'accord a été bouclé hier soir, c'est une grande première. Nous allons voir aujourd'hui comment on peut multiplier ce genre d'initiatives, faire participer le secteur privé et initier des outils innovants comme les Green Bonds au Maroc", nous a-t-il expliqué.

Le Climate Fiance Day, qui en est à sa troisième édition, tombe à point nommé pour le Maroc. Il réunit plus de 300 acteurs de la finance mondiale et des représentants clés des institutions nationales et internationales, publiques et privées, de la finance.

Parmi eux, Gérard Mestrallet, PDG de la place financière parisienne Europlace, et président du conseil d'administration du géant industriel Engie (ex GDF Suez) et de Suez, Nick Robins, directeur adjoint de l'United nations environment program (UNEP) inquiry et Mohamed Boussaid, ministre de l'Economie et finances.

L'ambition de cette journée est de mobiliser les acteurs de la finance mondiale en faveur du climat et d’une économie moins émettrice de carbone, dans le contexte de l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris.

"Le Climate Finance Day mettra en avant les conditions nécessaires à la massification des financements verts, le rôle à jouer par le secteur privé dans l’agenda climatique avec un accent particulier sur le continent africain ainsi que sur les Green Bonds comme instruments innovants de financement. La conférence proposera également un focus sur la question du financement vert dans les secteurs de l’énergie et l’usage durable des terres dans l’agriculture", nous avait expliqué en octobre Lamia Marzouki, la directrice générale adjointe de CFC.

Qu'est-ce que les Green Bonds ?

Il s'agit d'une obligation, autrement dit un titre de dette qui peut être émis par une entreprise, un Etat ou une région dans le but d'emprunter de l'argent. Ces obligations sont achetées par des investisseurs qui prêtent donc de l'argent à la partie qui veut en emprunter.

Contrairement à un crédit classique, une obligation est "plus pratique et flexible puisque l’investisseur qui l'a achetée peut ensuite la revendre à un autre investisseur, qui peut lui aussi faire de même, etc".

Cette obligation est considérée comme verte si elle est destinée à financer un ou plusieurs projets censés contribuer à la protection de l'environnement, comme c'est le cas aujourd'hui avec Masen.

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