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Mohamed Rabie Khlie: "Les trains de l'ONCF seront alimentés à hauteur de 50% par l'éolien dès 2017" (INTERVIEW)

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Mohamed Rabie Khlie, le directeur général de l'ONCF | DR
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MOBILITÉ DURABLE - A Casablanca, l'Office national des chemins de fer (ONCF) tient ce jeudi 3 novembre ses premières Assises de la mobilité durable. Organisé à moins d'une semaine de la COP22, cet évènement a réuni ce matin décideurs, élus, investisseurs et responsables du secteur public et privé, dont le ministre de l'Economie et des finances Mohamed Boussaid, la ministre chargée de l'Environnement Hakima El Haité, ou encore le président de la région Casablanca-Settat et de l'Agence marocaine pour l'énergie durable (MASEN), Mustapha Bakkoury, pour parler de "la nécessité de financement d'une mobilité durable" sur le continent africain. Mohamed Rabie Khlie, le directeur général de l'ONCF nous explique pourquoi.

HuffPost Maroc: Quelle est votre vision de la mobilité durable?

Mohamed Rabii Khlii: On ne parle pas ici d'un mode de transport en particulier. Lorsqu'on parle de la mobilité, c'est l'ensemble des modes de transport, dans leur globalité, qui sont concernés. Aujourd'hui, les transports sont responsables pratiquement de 23% des émissions de CO2 à travers le monde. L'atteinte de l'objectif du maintien de la température de la Terre à moins de 2 degrés passe obligatoirement par la réduction des ces émissions de CO2 dans l'ensemble des modes de transport.

Cela passe évidement par la recherche de meilleurs modèles de mobilité de manière à ce qu'elle soit durable et à ce qu'elle émette moins de dioxyde de carbone. La vision n'est pas de développer un mode de transport au détriment de l'autre, mais plutôt de faire en sorte que chaque mode de transport joue son rôle là où il est pertinent, économiquement et en termes de respect de l'environnement.

Parmi les modèles qui sont aujourd'hui en développement figure l'objectif de faire des gares ferroviaires un hub urbain pour les transports collectifs, qu'il s'agisse des bus, électriques ou pas, des taxis ou des tramways. Cela va permettre une optimisation globale des modes de transport collectif et conduira au positionnement du ferroviaire comme une épine dorsale pour ce mode de transport, que ce soit au niveau régional ou intercité.

Nous profitons aussi de cette manifestation mondiale que notre pays organise pour parler de la problématique de la mobilité au niveau des pays du Sud, qui sont majoritairement des pays en voie de développement. Aujourd'hui, les pays pollueurs, qui sont les pays du Nord, continuent à polluer.

Le développement des pays du Sud passe obligatoirement par le développement des infrastructures et des modes de transport. Nous nous devons de penser un mode de transport de demain pour ces pays de manière à assurer leur développement économique, tout en développant leurs infrastructures et en respectant l'environnement. C'est l'objet de ces débats et échanges.

A quoi va servir le manifeste qui sera présenté à la fin de ces assises?

A la fin de cette journée, nous devons sortir avec des recommandations que nous essaierons de formaliser sous forme de manifeste. Celui-ci sera donné aux décideurs et négociateurs de la COP22 de manière à ce que cette problématique de la mobilité soit prise en considération comme priorité. Celui-ci portera aussi sur la nature du support financier qui permettra de concrétiser ces recommandations et accompagner ces pays en voie de développement, toujours en respectant l'environnement.

Vous avez parlé ce matin d'un contrat en phase de finalisation pour l'alimentation des trains en énergie éolienne à partir du 1er janvier 2017. Qu'en est-t-il au juste?

Nous avons récemment fait et présenté notre bilan de carbone. Aujourd'hui, lorsque vous prenez le train vous êtes responsable de 1/7e des émissions de CO2, ce qui est beaucoup moins comparé à la voiture. Les trains sont déjà un mode de transport propre. Maintenant, il faut revenir à l'origine de l'énergie qui est utilisée pour le ferroviaire.

Aujourd'hui, nous sommes alimentés avec un mix énergétique où il y a du thermique et du propre notamment. Nous sommes en ce moment en train de finaliser l'adjudication d'un marché qui va faire que nos trains seront alimentés au moins à hauteur de 50% par de l'énergie d'origine éolienne à l'horizon 2017. L'objectif à terme est d'atteindre 100%. On sera alors parmi les rares réseaux ferroviaires qui sont dans cette configuration.

Cela va permettre de diminuer de manière drastique nos émissions de carbone qui sont déjà à un niveau bas et aussi d'avoir un coût qui sera moindre que celui que nous supportons aujourd'hui pour notre alimentation. Ça va nous permettre aussi de nous conforter dans nos engagements pour l'environnement, notamment en termes de RSE (ndlr, responsabilité sociale de l'entreprise). On a des sites qui sont aujourd'hui certifiés ISO 5001. C'est en train d'être généralisé à l'ensemble des sites de l'office.

L'ONCF a lancé tout un plan d'action environnemental pour l'accompagnement de la COP22, dont vous êtes partenaire. Qu'en sera-t-il après?

Parmi les idées qu'on aimerait développer après la COP, c'est de prolonger l'aventure du Train du climat au delà du 18 novembre pour faire profiter certaines villes où il n'y était pas ou où c'était court.

Aujourd'hui, c'est un succès. Depuis son lancement, on touche pratiquement chaque jour 1500 scolaires et 300 à 500 personnes du grand public. On sent que la demande est là. On reviendra donc peut être après la COP22.

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