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Tunisie: De la part des policiers ou des citoyens, les agressions contre les journalistes demeurent alarmantes

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MÉDIAS- De 2013 à 2015, 213 journalistes ont été victimes de mort violente en exerçant leur métier. En 2015, 115 journalistes ont été tués, c'est l'année la plus meurtrière de la décennie, c'est ce que révèle le rapport de 2016 de la directrice générale de l'UNESCO sur la sécurité des journalistes et le risque de l'impunité qui sera présenté devant le Conseil intergouvernemental du Programme international pour le développement de la communication le 17 novembre.

Au total, lors de la dernière décennie, plus de 800 journalistes ont été tués avec, en moyenne, une mort par semaine. Dans neuf cas sur dix, les meurtriers restent impunis. "L'impunité entraîne un plus grand nombre d'assassinats et représente souvent un facteur d'aggravation de conflit et d'effondrement des systèmes de droit et de justice", insiste le rapport.

Ce rapport a été présenté lors d'un séminaire autour de la journée internationale pour la fin de l’impunité des crimes commis contre les journalistes, le 2 novembre, par le syndicat nationale des journalistes tunisiens (SNJT).

Devant un parterre de journalistes et de figures de la société civile, le SNJT a donné la parole aux témoignages de quelques journalistes tunisiens victimes de toutes sortes de violences: violence verbale, intimidation policière, violence physique, des matériels arrachés, cassés, etc. Entre violence policière ou émanant de citoyens lors des manifestations, le métier de journaliste est semé d'embûches.

La violence est également de continuer de juger les journalistes en vertu d'un code pénal liberticide et en délaissant les décrets-loi 115 et 116 qui régissent le secteur depuis 2011 et devraient être les seules références pour les délits de presse, a signalé Néji Bghouri, président du SNJT.

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La violence contre les journalistes est aussi leur appauvrissement, les mises à la porte illégales, l'absence de couverture sociale, etc , a-t-il insisté . Il a par ailleurs annoncé qu'un plan d'action pour endiguer les difficultés du secteur en général sont en cours d'élaboration en étroite collaboration avec le gouvernement.

Un gouvernement qui était présenté au séminaire par le premier ministre Youssef Chahed. Ce dernier a annoncé, notamment, que les décrets 115 et 116 seront érigés prochainement en forme de lois et que toutes les sociétés publiques, associations et organisations dépendant du soutien financier de l’État devront appliquer la loi d’accès à l’information.

Le chef du gouvernement a rappelé également que le dossier de Sofiène Chourabi et Nadhir Gtari, disparus en Libye depuis 2013, est l'une des priorités de son gouvernement.

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