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Les premières leçons des résultats détaillés des élections

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ELECTIONS MAROC
A man casts her ballot at a polling station for the parliamentary elections, in Rabat, Morocco, Friday, Oct. 7, 2016. Millions of Moroccans hit the voting booths, with worries about joblessness and extremism on many minds as they choose which party will lead their next government.(AP Photo/Abdeljalil Bounhar) | ASSOCIATED PRESS
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ÉLECTIONS - Les résultats détaillés des élections législatives, publiés ce mercredi 2 novembre par le ministère de l'Intérieur, montrent que le PJD et le PAM restent les deux principales formations politiques marocaines. Elles mettent aussi en lumière la non-concordance entre nombre de voix obtenues et nombre de sièges remportés, due au découpage électoral et au mode de scrutin.

Dans le détail, le Parti de la justice et du développement (PJD) et le Parti authenticité et modernité (PAM) sont arrivés en tête des résultats lors des élections législatives du 7 octobre dernier, selon le nombre de voix obtenues au niveau des circonscriptions électorales locales et nationale, conformément aux résultats détaillés des élections législatives, publiés ce mercredi par le ministère de l'Intérieur.

Ainsi, selon la répartition du nombre de voix et de sièges obtenus selon l'appartenance politique, le PJD est arrivé en première position avec 1.571.659 voix au titre des circonscriptions électorales locales, en obtenant 98 sièges. Le PJD a également occupé la première place au titre de la circonscription nationale avec 1.618.963 voix, correspondant à 27 sièges. Au total, le PJD a remporté, lors de ce scrutin, 125 sièges à la Chambre des représentants.

Au niveau des circonscriptions locales, le PAM a obtenu 1.205.444 voix correspondant à 81 sièges. Au titre de la circonscription électorale nationale, le parti a remporté 1.216.552 voix, correspondant à 21 sièges.

Le parti de l'Istiqlal a, lui, obtenu 621.280 voix, soit 10,73% des suffrages exprimés dans les circonscriptions locales, ce qui lui a permis de gagner 35 sièges à la Chambre des représentants. Au titre de la circonscription électorale nationale, le parti a obtenu 620.041 voix, correspondant à 11 sièges à la Chambre des représentants.

Le Rassemblement national des indépendants (RNI) a obtenu 558.875 voix, correspondant à 28 sièges. Au titre de la circonscription électorale nationale, le parti a obtenu 544.118 voix, correspondant à 9 sièges.

De son côté, le Mouvement populaire (MP) a obtenu 409.085 voix, correspondant à 20 sièges. Au titre de la circonscription électorale nationale, le parti a obtenu 397.085 voix correspondant à 7 sièges.

La FGD, 139.000 voix et seulement 2 sièges

L'Union socialiste des forces populaires (USFP) a obtenu 367.622 voix, ce qui lui a permis de glaner 14 sièges. Au titre de la circonscription électorale nationale, le parti a obtenu 359.600 voix, correspondant à 6 sièges.

L'Union constitutionnelle (UC), elle, a obtenu 268.813 voix, correspondant à 15 sièges. Au titre de la circonscription électorale nationale, le parti a obtenu 263.720 voix, correspondant à 4 sièges.

Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a obtenu 279.226 voix dans les circonscriptions locales, correspondant à 7 sièges. Au titre de la circonscription électorale nationale, le parti a obtenu 273.800 voix correspondant à 5 sièges.

La Fédération de la gauche démocratique, enfin, a obtenu 139.793 voix, correspondant à 2 sièges. Au titre de la circonscription électorale nationale, elle a obtenu 164.575 voix, mais aucun siège au parlement.

Écart entre voix obtenues et sièges remportés

L'écart entre nombre de voix et nombre de sièges obtenus par les partis politiques s'explique notamment par les critères découpage électoral.

Si le décret relatif au découpage électoral s'enorgueillit de défendre des objectifs élevés, les critères qu'il s'est fixé, dont celui de la représentativité équitable, sont loin d'être respectés dans la pratique. Le cadre spatial de référence du découpage électoral est celui des provinces et des préfectures. Or, certaines provinces ont une superficie trop limitée et un très faible poids démographique, comme la province de Fahs-Anjra, qui a une superficie de 799 km2 et une population de 76.447 habitants, selon les chiffres du recensement général de la population de 2014.

Cela fait que le découpage actuel favorise les provinces peu peuplées qui disposent d'un minimum de deux députés, quelque soit le nombre d'inscrits sur les listes électorales. Au final, "on se retrouve avec des circonscriptions peu peuplées où, d'un coté, les listes ne comportent qu'un ou deux candidats, ce qui porte atteinte au principe même du scrutin de liste, et de l'autre, nous avons des députés qui décrochent un siège au parlement après avoir remporté 1.600 voix, alors que dans d'autres circonscriptions plus peuplées, il faut remporter dix fois plus de voix pour espérer décrocher un siège au parlement", nous a précédemment déclaré Abdelhak El Arabi, directeur général du PJD.

Un acteur facteur ayant contribué l'écart entre nombre de voix et nombre de sièges est le mode de scrutin. Le mode de scrutin adopté au Maroc est le scrutin plurinominal à la proportionnelle au plus fort reste. Or, "les modalités du plus fort reste peuvent amener à un effondrement du nombre sièges remportés alors que le parti a conservé une large part de son électorat, mais de façon dispersée sans disposer de fiefs électoraux", nous déclarait David Goeury, dans une interview publiée au lendemain des élections législatives.

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