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Lanceurs d'alerte : Wikileaks fête ses dix ans

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WIKILEAKS
BERLIN, GERMANY - OCTOBER 4: WikiLeaks founder Julian Assange participates via video link at a news conference marking the 10th anniversary of the secrecy-spilling group in Berlin, Germany on October 4, 2016. (Photo by Maurizio Gambarini/Anadolu Agency/Getty Images) | Anadolu Agency via Getty Images
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Julian Assange, le fondateur de la plateforme de publication en ligne Wikileaks est âgé de 45 ans. Malgré ses quatre années passées dans une chambre de l’ambassade équatorienne à Londres, loin des bienfaits du soleil, ce hacker activiste a saisi l’occasion du 10ème anniversaire de la création de Wikileaks pour s’adresser via une visioconférence à des dizaines de journalistes et photographes.

Il n’a pas perdu son temps pour renouveler son combat pour les libertés numériques et tenter de convaincre l’opinion mondiale de l’utilité de l’Internet dans la mise en place d’un système politique transparent. Internet est-il un danger pour la démocratie ou au contraire un espace numérique à travers lequel la transparence politique se renforce dans les processus électoraux ?

L’homme qui a plongé les Etats-Unis dans une paranoïa IT, au lendemain de la mise en ligne des secrets de l’armée américaine, est en train de jouer un rôle très actif dans l’élection présidentielle américaine. Pour bien marquer son dixième anniversaire de son site, il a publié plus de 19.000 emails montrant que le Parti démocrate avait secrètement saboté la compagne électorale du sénateur Bernie Sanders pour faire gagner Hillary Clinton aux primaires. Suite à cette révélation, le président du parti Debbie Wasserman Schultz a démissionné de ses fonctions.

Historiquement, c’est sur l’idée d’entreprise journalistique qu’Assange a fondé WikiLeaks au début de l’année 2007. Il lui a choisi la personne de Daniel Ellsberg comme mascotte. Cet ancien analyste militaire qui a divulgué à l’opinion une collection de documents secrets sur la guerre des Etats-Unis au Vietnam est connu par sa célèbre citation : "Nous étions jeunes, nous étions insensés, nous étions arrogants, mais nous avons eu raison".

C’est pourquoi, le site d’Assange s’ouvre avec une page blanche sur laquelle cette citation s’affiche. En 2008, Wikileaks avait publié un manuel qui avait été distribué aux soldats américains à Gitmo (Camp de Guantánamo), des documents sur les pratiques religieuses de l’Eglise de Scientologie et les Emails privés de l’ancien gouverneur de l’Alaska, Sarah Palin. En 2010, Assange a mis en ligne deux vidéos et des centaines de milliers de documents confidentiels concernant la politique étrangère des Etats-Unis, la première puissance mondiale et surtout le pays "locomotive" du " train" de la vie numérique !

L’exploitation professionnelle des données "diplomatiques" exfiltrées ou volées a été confiée, pour des raisons d’éthique, à 150 journalistes de cinq journaux : Le Monde, The New York Times, The Guardian, El Pais et Der Spiegel. Une coopération inédite.

Panique au cœur du système

Face à cet acte de piratage le plus célèbre de la planète, la réaction du ministère de la défense US ne s’est pas faite attendre. Le US Department of Defense a publié des recommandations, totalement similaires à ceux qu'une banque destinées à ses analystes et administrateurs réseaux.

Ces derniers doivent veiller à désactiver la fonction « écriture » sur les supports amovibles (clés USB, Disques durs externes) sur les machines classifiés, et limiter le nombre de systèmes autorisés à déplacer les données de systèmes classifiés vers des systèmes non classifiés. Aussi, désormais, deux personnes seront nécessaires pour déplacer des données de systèmes classifiés vers des systèmes non classifiés.

Des groupes travaillant sur les menaces internes seront également crées pour réagir à l'incident Wikileaks et empêcher qu'il ne se reproduise. Sur un autre volet, les douanes américaines ont désactivé plus de 80 sites web suspectés d'activités illégales.

La procédure est simple, l’ICE (US Immigration and Customs Enforcement) a sollicité cette désactivation auprès de la société Verisign, en charge de la gestion du domaine ".com" en collaboration avec le régulateur mondial de l’Internet ICANN. Ce dernier a dépourvu Wikileaks de son domaine ".org" l’obligeant à passer en "Wikileaks.ch". Le fournisseur de DNS de Wikileaks, EveryDNS, a aussi désactivé les ponts avec le site, responsable selon lui de mettre en danger son infrastructure à cause du nombre important d'attaques de pirates par déni de service (DDOS) dont Wikileaks était la cible.

Dans la série des actions en réactions aux révélations du site, le 1er décembre 2010, Amazon a retiré WikiLeaks de ses serveurs d'hébergement. Le lendemain c’était au tour des organismes d'État comme la bibliothèque du Congrès, le département du Commerce ou l'armée américaine qui ont bloqué sur leurs réseaux l'accès au site de WikiLeaks.

Mieux, des représentants de l'État américain ont demandé aux universités d’interdire à leurs étudiants l’utilisation des documents rendus publics par WikiLeaks dans leurs travaux de recherche. Selon l’ancien hacker et informaticien australien, des sénateurs américains l’ont qualifié de "terroriste technologique" et ont appelé à son élimination physique par l'intermédiaire d'un drone. Une équipe de 120 personnes appartenant au FBI, à la CIA et au Département d'État américain a en effet été constituée sous le nom de WikiLeaks Task Force, ou WTF, pour mener des actions contre Wikileaks et son créateur.

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