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La participation de l'USFP au gouvernement de moins en moins sûre, le RNI probablement in

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HAMID CHABAT ET DRISS LACHGAR
Driss Lachgar et Hamid Chabat, lundi 17 octobre au siège de l'Istiqlal | DR
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MAJORITÉ - Au moment où le Rassemblement national des indépendants (RNI) est entré de plain-pied dans les négociations pour la formation du prochain gouvernement, la participation de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) semble de plus en plus compromise.

Dimanche 30 octobre, le nouveau président du Rassemblement national des indépendants (RNI) Aziz Akhannouch a été reçu en audience par le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane. Chargé par le bureau politique de son parti de conduire les négociations pour l'entrée au prochain gouvernement, Aziz Akhannouch devrait, en principe, rencontrer de nouveau Benkirane dans la semaine.

Si la participation du RNI au prochain gouvernement semble, a priori, assurée, il n'en est pas de même pour l'USFP. Non seulement le parti de la rose n'a pas encore tranché concernant sa participation, ou non, au prochain gouvernement, mais jusqu'à présent, aucune date n'a été fixée pour la rencontre de sa Commission administrative, seule habilitée à adopter une position définitive sur le sujet. Selon nos informations, la question a élargi le hiatus entre les membres du bureau politique qui soutiennent une participation au gouvernement, et d'autres dirigeants USFPéistes, qui s'y opposent clairement. Pris entre deux feux, Driss Lachgar évite de prendre une position claire sur le sujet, qui indisposerait une partie de ses cadres.

Faibles scores électoraux et thèse de l'infiltration

D'autres facteurs pourraient peser en défaveur de l'USFP. D'abord, les faibles scores qu'il a obtenu lors des élections législatives. Avec 20 sièges au parlement, l'USFP a été lourdement sanctionné durant ces scrutins, à l'instar de ceux de 2007 et de 2011, qui ont confirmé que l'image du parti s'est fortement dégradée auprès des électeurs. L'USFP a, par ailleurs, indéniablement perdu sa polarité idéologique. Doublé à sa gauche par la Fédération de la gauche démocratique (FGD), et à sa droite par le Parti du progrès et du socialisme (PPS), l'USFP semble souffrir d'une crise de positionnement et, plus largement, d'une crise de vocation. Le retour du parti dans l'opposition ne lui a pas permis de se reconstruire.

Un autre obstacle contre l'entrée de l'USFP au gouvernement relève de réticences évoquées de longue date par des dirigeants du PJD, qui considèrent que le parti de Driss Lachgar "est sous la tutelle d'une autre formation politique", selon les informations recueillies par le HuffPost Maroc. S'ils ne le citent pas nommément, il s'agit, comme on peut le deviner, du Parti authenticité et modernité (PAM). À en croire l'occurrence de la thèse de l'"infiltration" de l'USFP par le PAM, celle-ci est prise au sérieux par l'état-major parti de la lampe.

Néanmoins, pour ne pas s'aliéner le soutien de l'USFP, et pour pérenniser le changement de cap entamé par le parti, qui s'annonce en faveur du PJD, un scénario pourrait impliquer le parti de la rose dans la majorité sans pour autant l'intégrer au gouvernement. Il s'agirait d'offrir au numéro deux de l'USFP Habib El Malki la présidence de la première chambre, en échange d'un soutien de l'USFP à la majorité au niveau du parlement.

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