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"Les Algériens doivent avoir un accès libre à leur histoire", Edwy Plenel, écrivain et journaliste

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EDWY PLENEL
French journalist of French investigative news website Mediapart Edwy Plenel takes part in a rally on November 2, 2014 in Paris in memory of Remi Fraisse, a 21-year-old environmental activist who died in the early hours of October 26 during clashes between security forces and protesters of the Sivens dam project in southern France. Local French authorities on October 31 decided to suspend work on the controversial dam after the death of Fraisse that sparked uproar in the country. AFP PHOTO / KEN | KENZO TRIBOUILLARD via Getty Images
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Le journaliste et écrivain Edwy Plenel a réitéré ce mardi 1 novembre son appel à la France de reconnaître ses crimes coloniaux en Algérie. Invité de la Rédaction de la Chaîne III de la Radio algérienne, où il a présenté quelques-uns de ses ouvrages, le président et cofondateur de Mediapart, a exhorté les autorités françaises à reconnaître leurs crimes afin de "ne pas répéter les drames" et à restituer les archives aux Algériens.

Edwy Plenel intervenait en marge du Salon international du livre d'Alger (SILA). Lors de cet entretien, il a d'abord pointé du doigt la responsabilité des pays occidentaux dans "le désordre mondial", affirmant qu'"aucune nation ne doit dicter son sort à une autre".

Il a condamné les interventions militaires occidentales, ces "mensonges d'Etat, devenus des "mensonges médiatiques" derrière, selon lui, les attentats terroristes en Europe.

Le journaliste n'a pas manqué non plus de condamner l’intervention militaire de la France en Libye, la qualifiant de "guerre privée".

Interrogé sur la stigmatisation des musulmans en France, Edwy Plenel a dénoncé des politiciens "en quête de bouc émissaires", soucieux de "faire oublier la question sociale". "On ethnicise, on met du religieux pour faire oublier les ouvriers et les opprimés qui réclament simplement de la dignité et de l’égalité", a-t-il déclaré.

Il a dans ce sens appelé à faire preuve de solidarité avec les minorités, prônant pour ce faire la pluralité dans le vivre-ensemble et non pas le repli sur soi. Il évoque alors l’Algérie, qui "a du penser dans son chemin à la pluralité de son peuple", citant son histoire arabe et son peuple berbère, entre autres.

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Les Algériens doivent avoir un accès libre à leur histoire

En parlant de l'Algérie, le cofondateur de MediaPart a ensuite appelé, une fois de plus, la France à reconnaître ses crimes coloniaux. Il a souligné la nécessité de les reconnaître "pour ne pas répéter les drames".

"Il ne s’agit pas de s’excuser, mais de reconnaître, admettre que la France a fait des tragédies", insiste-t-il. "Moi je regrette que nos dirigeants politique ne viennent pas ici à Alger dire : Oui la colonisation était une erreur. Oui elle a créé des drames, mais au même temps elle a crée les liens qui permettent que je viens le dire", a-t-il déclaré.

Il a également affirmé la nécessité de restituer les archives sur la colonisation française aux Algériens, pour "la vérité et la réconciliation". "Il faut que toutes les archives soient mises sur table, y compris celles qui dérangent, celles qui font mal. Il faut que les historiens, français et algériens, puissent y avoir accès", a-t-il rajouté.

"Le peuple algérien aujourd'hui doit avoir un accès libre à son histoire. Nous savons par exemple que Abane Ramdane a été assassiné par les siens. Il faut le dire, le vivre et l'accepter".

L'écrivain a par la suite appelé à cesser "toute concurrence de victimes", cette "guerre des mémoires" et cette "hiérarchie des crimes" pour pouvoir les "reconnaître et inventer un chemin nouveau".

"Ce n'est pas juger ou faire de la morale mais inventer une nouvelle histoire, qui ne répète pas les crimes, ces tragédies et ne répète pas les drames", a-t-il conclu.

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