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Erdogan poursuit sa purge en Turquie

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MURAT SABUNCU
Murat Sabuncu, rédacteur en chef du quotidien d'opposition turc Cumhuriyet a été arrêté. | Associated Press
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INTERNATIONAL - Les arrestations se poursuivent en Turquie après le putsch avorté du mois de juillet. Lundi 31 octobre, l'agence Anadolu a annoncé l'arrestation de Murat Sabuncu, rédacteur en chef du quotidien d'opposition Cumhuriyet, tandis que la chaîne CNN Turk a affirmé que 13 mandats d'arrêt avaient été délivrés à l'encontre de journalistes et responsables du journal.

Murat Sabuncu a été arrêté et les autorités sont à la recherche de Akin Atalay, le président du directoire, et du journaliste Guray Oz, a expliqué Anadolu. Mais selon le journal, qui dit ignorer la raison de ces arrestations, Guray Oz serait déjà en détention. Anadolu a précisé que les domiciles d'Atalay et de Oz avaient été perquisitionnés.

D'après le journal pro-gouvernmental Sabah daily, les opérations contre le Cumhuriyet entrent dans le cadre d'une enquête sur les activités de ce journal en lien avec le mouvement du prédicateur Fetullah Gülen, accusé d'avoir ourdi le putsch raté du 15 juillet dernier, et des militants de la cause kurde.

Dès samedi soir, le président Erdogan a pris de nouvelles mesures contre les putschistes présumés, en faisant paraitre deux nouveaux décrets au Journal Officiel. Ils annonçaient la fermeture de 15 médias, prokurdes pour la plupart, et la suppression des élections de recteurs dans les universités, qui seront désormais choisis par le président Recep Tayyip Erdogan parmi des candidats sélectionnés par le Conseil de l'enseignement supérieur (YÖK). Plus de 10000 fonctionnaires ont également été limogés, notamment par les ministères de l'Education, de la Justice et de la Santé.

Plus de 35000 arrestations

Depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet, plus de 35000 personnes ont été arrêtées et plusieurs dizaines de milliers limogées ou suspendues, suscitant l'inquiétude de l'opposition et des partenaires occidentaux de la Turquie quant au respect de l'État de droit.

Les autorités turques affirment pour leur part que ces mesures d'exception, prises dans le cadre de l'état d'urgence en vigueur, sont nécessaires pour éliminer les risques de sédition et faire face à la double menace du groupe État islamique et du Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK.

La plupart des médias fermés par les nouveaux décrets sont basés dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie. C'est ainsi le cas de l'agence de presse DIHA et du quotidien Ozgür Gündem, accusés par les autorités d'être proches du PKK, une organisation classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

Réagissant à la fermeture de ces organes de presse qui menace, selon lui, la pluralité des médias, le chef de file du Parti démocratique des peuples (HDP), et favorable à la cause kurde, Selahattin Demirtas, a déclaré: "Bientôt, toutes les chaînes de télévision feront des retransmissions en direct dès qu'Erdogan se mettra à tousser".

"Pourquoi limogent-ils toutes ces personnes ? Parce qu'elles ne prêtent pas allégeance à Erdogan", a-t-il lancé lors d'un discours à Diyarbakir, dans le sud-est, dimanche 30 octobre.

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