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Voici ce que la science a découvert sur les films d'horreur

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FILMS HORREUR
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Popcorn, plaid, grand écran et évidemment film d'horreur. Ce lundi 31 octobre comme dans bons nombres de films d'épouvante, ce sera soirée de l'angoisse face à la télévision. Espérons qu'aucune petite fille ne sortira de votre télé, qu'aucun esprit ne se sera emparé de votre maison et qu'aucun psychopathe ne vous passera des coups de fil.

Mais pourquoi s'inflige-t-on cela? Halloween ou non, les adeptes de ce type de films sont nombreux et ne reculent devant rien pour avoir des frissons et sursauter pendant 90 minutes.

Oui, les films d'horreur nous font peur et nous aimons ça

Cela vous semble évident. Il a fallu attendre 2007 pour que la science puisse le reconnaître. Comment expliquer le plaisir que certains trouvent dans le visionnage de films d'horreur? A priori, nous sommes faits pour nous tourner vers les choses qui nous rendent heureux et nous évitent la douleur. Pourquoi se plonger volontairement dans presque deux heures de peur, de dégoût et de terreur?

Comme le rappelle le site Science Daily, jusqu'en 2007, deux théories étaient généralement mises en avant: la première avance le fait que ces spectateurs n'éprouvent pas de la peur mais de l'excitation devant ces films. La seconde postule qu'ils sont prêts à endurer cette terreur pour ensuite apprécier pleinement un sentiment d'euphorie et de soulagement à la fin du film.

Cette même année, une troisième théorie formulée par des chercheurs de l'Université de Berkeley en Californie dans le Journal of Consumer Research contredit les deux théories précédentes. "L'hypothèse selon laquelle les gens sont incapables de ressentir des émotions positives et négatives en même temps est incorrecte", assuraient les auteurs. Les gens aiment avoir peur et n'aiment pas seulement le soulagement qu'ils éprouvent après le film ou l'excitation.

"Les moments les plus plaisants pour ces spectateurs semblent être aussi les plus effrayants", ont en effet remarqué les auteurs.

Plus c'est gore, plus nous y sommes attentifs

Le tueur l'a déjà poignardé deux fois, la victime se vide gentiment de son sang, il y en a partout. Mais, le tueur s'acharne encore et encore. Et nous? On s'accroche à son siège et on regarde de plus belle avant finalement de se cacher les yeux.

Dans une étude publiée en 2014 dans le Journal of Communication, des chercheurs ont montré que plus les télespectateurs étaient soumis à des images sanguinolentes plus leur attention était concentrée sur ces images, et ce, malgré leur dégoût.

"Notre étude montre que quand nous regardons des divertissements qui vont provoquer du dégoût chez nous, notre corps réagit et nous pouvons affirmer que nous sommes dégoûtés par ce contenu. Cependant, ces contenus captent plus notre attention et marquent plus notre mémoire que les autres."

Regarder des monstres, c'est aussi réfléchir

Un professeur de l'Université de Cicinnatti a étudié les recettes d'American Horror Story, une série d'horreur à succès produite par la chaîne américaine FX. La série fonctionne sur la mise en scène de personnages "freaks" (monstrueux en français) qui font au départ penser à des foires du XIXe siècle.

Même si la série a été critiquée pour ses scènes de sexe très crues et violentes, pour ce spécialiste, ce "freak show" est un moyen de forcer le public à regarder et à considérer l'extra-ordinaire face à notre désir de mettre des gens dans des cases, en particulier lorsqu'ils sont différents de nous.

"Cela nous force à confronter nos propres peurs concernant la différence, explique-t-il, la diversité et le changement. Au début de la saison, c'est l'attrait du voyeurisme qui nous retient et cela nous amène à penser à qui sont les vrais monstres et pourquoi l'anormalité nous gêne tant".

Ces films peuvent avoir de vraies conséquences sur les jeunes enfants

Anxiété, problèmes de sommeil, comportements agressifs et dangereux, voici quelques-uns des effets néfastes des films d'horreur regardés par des enfants trop jeunes. En 2006, l'hôpital pour enfants de New York et l'Université de Columbia ont mis en garde les parents après avoir étudié une centaine de mères.

Les enfants de moins de cinq ans sont "incapables de distinguer la réalité et le fantasme", expliquent les chercheurs. Pour parvenir à cette conclusion, ils se sont particulièrement intéressés aux enfants dont les mères souffraient de stress post-traumatique dû à des contextes familiaux violents. Celles-ci tout en voulant protéger leur enfant de la violence regardaient bien plus que les autres des films violents et d'horreur, comme "pour mettre en garde leurs enfants des dangers du monde extérieur".

Entre adultes consentants, prenez donc du popcorn et faites-vous peur, c'est halloween!

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