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Le SILA entre "grands auteurs" et "nouvelle génération" d'auteurs

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SALAH BADIS
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Confrontation d'idées, de styles ou conflit générationnel? Au 21e salon international du livre d'Alger (SILA) ceux à qui l'on a voulu dédier cette édition, ceux que les organisateurs du salon ont appelé 3e génération d'auteurs, réfutent ce qualificatif.

Un refus visible hier à l'occasion d'une conférence où étaient invités les représentants de cette "3e génération" de la littérature algérienne.

Invités à parler de leurs expériences en écritures, les nouveaux talents de la littérature algérienne ont décortiqué leurs œuvres et les choix littéraires qui les ont dictés. Ces styles d'écritures se sont accordés à affirmer tour à tour, Abderrazak Boukebba, Kaouther Adimi, Abdelwahab Aïssaoui et Nassima Laroussi n'ont pas le moindre "rapport avec les questions d'âge ou de conflit de générations".

L'intitulé de la rencontre a engendré un réel malaise chez les auteurs notamment au moment où ils devaient exposer leurs "expériences en écriture". Smaïl Yabrir, Hadjar Kouidri, Anis Mezouar et Rachid Boukhroub ont choisi de parler de leurs oeuvres respectives sans évoquer, à aucun moment, le thème proposé au débat.

Modérée par l'écrivain Waciny Laredj, cette conférence a attiré un nombre important de visiteurs du Sila. Les présents dans la salle de conférence ont eu le loisir de constater le "malaise" des orateurs à parler d'une question" sur laquelle les uns et les autres ne sont pas d'accord".

Si Waciny Laredj, Ahlem Mostagenmi ou Habib Sayeh sont considérés comme de grands auteurs algériens, cela ne devrait pas, pour autant, servir de prétexte pour "étiqueter" les jeunes écrivains algériens. "3e génération"?"cela renvoie à quoi exactement", se sont-ils interrogés avec agacement. "Où l'on est reconnu écrivain ou on ne l'est pas", laissaient-ils entendre.

L'occasion pour les critiques littéraires présents à la rencontre de tenter de recentrer le débat sur les œuvres elles-mêmes et non sur l'âge de ceux qui les ont produites.

"Parler de renouvellement de l'écriture littéraire sous le prisme du rapport entre les générations c'est tomber dans le piège du ‘darwinisme’ en considérant les écrivains comme des ''espèces animales'' en conflit permanent entre elles pour pouvoir exister", a asséné Lounis Benali.

Lyamine Bentoumi, autre critique littéraire n'a fait non plus dans la dentelle lors de sa prise de parole. Les écrivains algériens, tous âges confondus, a-t-il soutenu, constituaient "des individualités éparses" et non "un bloc" capable de se reconnaître dans le terme de "génération".

Le SILA a tangué, l'espace d'un après-midi, entre "Grands" et "Nouveaux" auteurs sans parvenir à se mettre à l'abri des grosses vagues des malaises de...conflits générationnels?

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