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Barzakh se distingue par la diversification de ses nouveautés au SILA 2016

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Les éditions Brazakh marquent, comme chaque année leur rentrée littéraire par une multitude de nouveaux titres. Présents au SILA 2016, leurs lecteurs auront le loisir de découvrir notamment l’Effacement de Samir Toumi, la biographie de Alice Cherki intitulée Mémoire anachronique, Lettre à moi-même et à quelques autres ou encore Dédales, La nuit de la grande discorde du journaliste Hmida Ayachi.

Après avoir connu un franc succès avec son roman Alger, le cri en 2013 chez le même éditeur, Samir Toumi revient cette année et signe l'Effacement. Tout commence le jour des 44 ans du narrateur. Il ne voit plus son reflet dans le miroir et découvre qu’il est atteint du "syndrome de l’effacement", mal étrange qui semble frapper exclusivement les fils d’anciens combattants de la guerre de Libération.

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Au fil des séances chez son thérapeute, il commence à s’intéresser à sa filiation et au milieu dans lequel il a grandi. Questions qui, jusque là, ne s’étaient jamais posées à lui. Samir Toumi aborde dans ce nouveau roman le sujet crucial de la transmission en dressant les portraits de deux générations. Celle des "pères", sûrs d’eux-mêmes et bâtisseurs d’un pays neuf et celle des "fils", blessés, comme condamnés à la folie. Un roman qui renvoie le reflet d'une socitéé tourmentée.

Sur un autre registre celui des biographies, Alice Cherki, une des grandes militantes pour la cause algérienne, se dévoile et se raconte. Mémoire anachronique, Lettre à moi-même et à quelques autres est le récit d'une femme exceptionnel. Au fil du temps,elle raconte et se raconte. Une femme consciente d’un vieillissement parfaitement assumé, une femme de convictions à l’extraordinaire trajectoire de vie. Née dans l’Algérie coloniale, au sein d’une famille juive aux lointaines origines, Alice Cherki, psychiatre et psychanalyste, se souvient de son enfance et de son adolescence à Alger, de son engagement très tôt pour la cause d’une Algérie indépendante, des aléas de son parcours de militante, et surtout de ses rencontres avec des êtres hors du commun, en particulier l’immense Frantz Fanon. Un parcours exceptionnel à découvrir dans cette biographie éditée par Barzakh.

Les amateurs de romans noirs peuvent aussi découvrir chez le même éditeur, Dédales, La nuit de la grande discorde du journaliste Hmida Ayachi. Traduit de l'arabe par Lotfi Nia, le roman halluciné de Ayachi se décline entre transe, terreur et foisonnement de voix. Il tente de restituer la folie et la tourmente des années de guerre et de violence politique.

Autre petit bijou de ce SILA, la biographie de Mokhtar Mokhtefi. J'étais français-musulman, remis aux editions Brazakh, début 2015, quatre mois à peine avant le décès de l'auteur, ce livre est le récit d’un homme foncièrement libre. Mokhtar Mokhtefi, en homme affranchi, parle à la première personne et revendique sa subjectivité, ses inimitiés même, assumant le fait de raconter une histoire très critique. Pas de place pour les héros dans son récit seulement un parcours à hauteur d’homme, affleurant dans sa singularité, croisant d’autres destins aux prises avec une histoire en train de se faire.

Né en 1935 à Berrouaghia, il rejoint l’ALN en 1957 (Wilaya 5). Formé comme opérateur radio, Mokhtefi est affecté dans la région sud du pays en guerre, à la tête d’une unité de transmissions. À l’Indépendance, il devient président de l’UGEMA et poursuit des études universitaires en sociologie et en économie à Alger puis à Paris.

Après avoir occupé plusieurs postes en Algérie, il rejoint la France, où il publie chez Hachette et Nathan des albums pour la jeunesse sur l’Afrique du Nord et le monde arabe. En 1994, il s’installe à New York oùil vivra jusqu'à sa mort.

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