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La COP22, ou la guerre des communiqués

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La COP22, ou la guerre des communiqués | DR
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ENVIRONNEMENT - A l'approche de la COP22, qui se tient du 7 au 18 novembre à Marrakech, tout le monde se met au vert, y compris les entreprises qui sont nombreuses à vouloir surfer sur la vague pour afficher leur engagement écologique. Du coup, pas un jour ne passe sans que les rédactions marocaines ne se retrouvent inondées de communiqués d'entreprises devenues subitement green friendly.

Certes, la com' officielle est centralisée par le comité de pilotage, les Nations-unies et une poignée d'agences de relations publiques qui travaillent pour l'évènement. Mais au vu du nombre important de marques présentes à la COP, qui vont accélérer la cadence durant l'évènement, ne risque-t-on pas de se retrouver face à une cacophonie ou, pour ainsi dire, à une guerre des communiqués, qui va finalement détourner le regard de l'évènement central qu'est la COP22?

"Une cacophonie organisée"

Pour Sanaa Smyej, spécialiste RP, "comme tout événement majeur, la COP22 donnera certainement lieu à une effervescence médiatique et communicationnelle. Légitimement, l’ensemble des participants à cet événement planétaire voudront profiter de cette effervescence et maximiser leur visibilité par la communication en général, et les relations presse en particulier".

Mais "tous n’y parviendront malheureusement pas", tient-elle à nuancer, "car pour sortir du lot, ce n’est pas la quantité qui compte, mais c’est surtout la qualité de la communication adoptée et celle des messages véhiculés qui prime. Et c’est justement là que l’on mesure le rôle des professionnels des RP qui doivent œuvrer pour que les messages de leurs clients soient calibrés aussi bien par rapport à la cible visée, que par rapport au contexte très particulier de la COP22". Autrement dit, "même s'il y a cacophonie, il faut faire en sorte que ça soit une cacophonie organisée", estime Sanaa Smyej.

"Il sera difficile de faire le tri entre ceux qui ont une vraie politique green et ceux qui ne sont là que pour l'image", admet pour sa part un spécialiste de la com' qui a pignon sur rue à Rabat. Et, plus largement, "la question qui se pose, c'est est-ce que les entreprises vont poursuivre leur engagement environnemental après la COP, ou vont-elles l'abandonner une fois l'effet de mode passé, comme ce fut le cas pour le patrimoine immatériel, que tout le monde a oublié après quelques mois?".

Le précédent de la COP21

L'année précédente, la COP21 a constitué une aubaine pour la communication des entreprises, qui n'ont pas manqué de saisir l'occasion pour montrer leur engagement en faveur du climat. "Il y a une véritable dynamique de fond. Les entreprises ont compris qu’il y avait un intérêt fondamental à communiquer autour de ces sujets qui font dorénavant partie intégrante de leur business model. Elles se plient beaucoup plus volontiers qu’avant à des mesures montrant leurs efforts", expliquait Arielle Schwab, directrice associée d’Havas Worldwide Paris, responsable des sujets climat et environnement, à l'Opinion.fr.

De son côté, le quotidien Le Monde jugeait la présence des entreprises à la COP21 ambivalente, et le cadre de la Conférence pour la climat idéal pour faire du greenwashing. Ceci, sans parler du lobbying. Car "même si la présence des entrepreneurs dans les couloirs de la zone de négociation peut se faire plus discrète, du lobbying à la COP, il y en a", affirmait Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot à Le Monde. "Du lobbying positif, comme celui des ONG qui poussent à un accord plus ambitieux, et du lobbying négatif. Les entreprises ne peuvent être accréditées en tant que telles pour entrer sur le site des négociations, mais peuvent bénéficier d’un badge d’entrée observateurs via les associations professionnelles auxquelles elles adhèrent, ce qui les rend plus difficile à identifier", écrivait Le Monde.

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