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Une source gouvernementale américaine confirme l'existence d'une base américaine en Tunisie, les autorités tunisiennes nient

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US ARMY
Photo d'illustration/ Associated Press | ASSOCIATED PRESS
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Une base de l'armée américaine servirait de base de lancement de drones de surveillances en direction des lieux tenus par l'État-Islamique en Libye a affirmé le Washington Post, citant une source du gouvernement américain.

Ces drones non armés auraient commencé à survoler la Libye à partir de la fin du mois de juin 2016 et feraient partie de l'aide accordée par le ministère de la Défense américaine aux forces pro-gouvernementales libyennes dans leur combat pour déloger l'État Islamique de la ville de Syrte affirme la même source.

Selon la source au gouvernement américain, ces drones "Air Force Reaper" seraient utilisés par des agents américains et ce avec l'aval du gouvernement tunisien pour des missions de surveillances, bien qu'elles puissent aussi amenées à être armées, si les autorités tunisiennes l'autorise. Au total, selon une source au ministère de la Défense américaine, ils seraient 70 militaires US à chapeauter cette opération à partir de la Tunisie.

Si l'information sur les négociations sur l'ouverture de cette base est restée secrète pendant près d'un an, c'est pour préserver la jeune démocratie tunisienne et éviter qu'elle ne soit étroitement liée à une grande puissance militaire et que cela n'influe sur les négociations, sans compter sur les possibles représailles contre la Tunisie, a affirmé cette source gouvernementale au Washington Post. D'autant plus que selon la même source, les autorités tunisiennes ont clairement demandé que ces négociations restent secrètes de peur d'une réaction de l'opinion publique.

Signé dans le memorandum d'entente?

Selon le Washington Post, l'accès au Pentagone à cette base tunisienne serait issu du memorandum d'entente signé par Mohsen Marzouk aux Etats-Unis aux côtés de John Kerry le 20 mai 2015, qui en contrepartie permettrait à la Tunisie d'obtenir une aide US à construire et former des services de renseignements.

Si la Tunisie développe un service de surveillance aérien avec des Scan Eagles américains, mais aussi des avions à détecteurs infrarouges, la Tunisie reste dépendante des États-Unis et d'autres pays en matière de renseignement indique le Washington Post.

Les autorités tunisiennes nient

Une source anonyme du ministère de la Défense aurait nié à l'agence Reuters ces informations affirmant que ces drones étaient utilisés par les forces militaires tunisiennes afin de surveiller la frontière tuniso-libyenne.

Dans une déclaration accordée à l'agence TAP, le porte-parole du ministère de la Défense nationale, a nié, mercredi, les informations relayées par plusieurs médias sur des bases militaires américaines implantées en Tunisie en prévision de frappes contre des sites en Libye.

Le ministre de la Défense tunisien botte en touche

La Tunisie a pris récemment réception d’avions reconnaissance et de surveillance ainsi que des drones acquis dans le cadre d'un partenariat avec le gouvernement américain.

Selon le ministre de la Défense nationale, Farhat Horchani, "la Tunisie veut initier l’armée nationale à l’usage de ce matériel pour surveiller les frontières sud et détecter tout mouvement suspect ".

Ces acquisitions ont pour objectif d’apporter un appui aérien aux unités terrestres et maritimes de l’armée nationale particulièrement en matière contrôle des frontières et de lutte contre le terrorisme, a-t-il expliqué dans une interview à l’agence TAP.

"La lutte contre le terrorisme requiert la mobilisation de toutes les ressources humaines et logistiques nécessaires afin de conférer aux militaires protection et efficacité pendant l’accomplissement de leurs missions ", a-t-il ajouté.

Pour Horchani, " la mobilisation des moyens humains et logistiques devrait être accompagnée par l’élaboration de programmes d’entrainement adaptés, à la fois, à la nature des missions confiées aux militaires et aux menaces qui pèsent sur le pays ".

Dans le même contexte, le ministre de la Défense nationale a indiqué que des experts américains et allemands sont, actuellement, en train d’étudier le processus d’installation du système de surveillance électronique sur les frontières sud-est, faisant remarquer que des pas avancés ont été franchis dans ce domaine.

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