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Des cinéastes appellent à un "plan de sauvetage du cinéma" au Maroc

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Des cinéastes appellent à un "plan de sauvetage du cinéma" au Maroc | Rafael Marchante / Reuters
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CINÉMA - C'est un mémorandum au ton très alarmiste que vient de diffuser la Chambre marocaine des producteurs de films (CMPF) sur les difficultés que connaît le secteur du cinéma au Maroc. D'entrée de jeu, la chambre présidée par le réalisateur Ahmed El Maanouni lance un appel pour un "plan de sauvetage du cinéma" pour faire face à l'état de "délabrement" du paysage cinématographique sur plus d’une décennie.

Dans son mémorandum relayé par la MAP, elle estime que le secteur cinématographique, dont le modèle économique "n’est plus viable", a besoin "d’un véritable plan de sauvetage comprenant des mesures d’incitation adaptées et multidimensionnelles pour le renouveau de l’industrie cinématographique, pour la professionnalisation, la reconnaissance de la place de l’artiste, la formation, l’accueil des jeunes talents et l’égalité des chances".

Elaborer un nouveau code du cinéma

Ce plan devrait comprendre "la réécriture de la loi 20/99 (loi relative à l'organisation de l'industrie cinématographie. C'est ce texte qui réglemente la cinématographie au Maroc, ndlr)" et aller "au-delà" pour l’élaboration "d’un code du cinéma et de l’audiovisuel répondant aux évolutions constitutionnelles, sociales et technologiques".

La même source appelle tous les professionnels à se regrouper dans une "coordination nationale pour mener une réflexion commune dans l’élaboration du plan de sauvetage et pour rédiger le code du cinéma et de l’audiovisuel, bien au-delà d’un simple replâtrage de la loi 20/99".

Cet appel intervient suite à la Journée nationale du cinéma, organisée par le Centre cinématographique marocain (CCM) le 21 octobre à la cinémathèque marocaine. Les professionnels qui se sont succédé à la tribune ont "unanimement déploré l’état de délabrement du paysage cinématographique après plus d’une décennie d’ignorance des vrais enjeux", selon un communiqué de la CMPF.

Parmi eux, le directeur du CCM Sarim Fassi Fihri himself, qui a souligné "l’urgence et la nécessité de révision de la loi 20/99 relative à l’organisation de l’industrie cinématographique par les professionnels eux-mêmes".

Un état de crise à tous les niveaux

"Le résultat aujourd’hui est l’état de crise à tous les niveaux de la chaîne cinématographique: dans les salles, dans la distribution, dans la qualité des films, dans la précarité des métiers, dans la lourdeur des démarches administratives et des autorisations, dans le dysfonctionnement du fonds de soutien, dans la promotion et la visibilité de la production cinématographique aussi bien au niveau national qu’à l’international", constate la chambre.

Devant cet état du secteur, la CMPF exhorte à "placer la vision d’ensemble ambitieuse et homogène comme guide de notre politique cinématographique", appelant les professionnels à "prendre un rôle décisionnaire dans l’élaboration des textes, dans leur application, dans l’organisation du secteur, dans les définitions des métiers, dans la réforme et l’organisation du service public à travers le CCM".

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