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Chefchaouen, la ville bleue à la main verte

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CHAOUEN
Chefchaouen, la ville bleue à la main verte | DR
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ENVIRONNEMENT - S'il est une ville marocaine qui peut se targuer d'être (vraiment) écologique, c'est bien Chefchaouen. En avril 2010, bien avant l'euphorie environnementale qui s'est emparée du royaume à la veille de la COP22, le conseil municipal de Chaouen l'avait proclamée "ville écologique". Une décision votée à l'unanimité par les membres de son conseil communal.

"Chefchaouen jouit de tant d’attraits et privilèges environnementaux qui légitiment cette décision, tels que la quasi inexistence de la pollution atmosphérique, un air sain, une hygiène homologuée et enfin des ressources et un patrimoine naturel, culturel et architectural confirmés", lit-on sur le site officiel de la ville.

Le conseil de la ville s'était alors "engagé à entreprendre un certain nombre de mesures et obligations relatives à l’environnement, tels que l’adoption d’une politique efficiente dans la gestion des ressources naturelles et le domaine environnemental et ce, par la valorisation de la diversité biologique du territoire, la création et l’aménagement des espaces verts dans la ville, l’organisation des campagnes de sensibilisation dans le domaine du respect de l’environnement, tout en impliquant la société civile et les habitants dans des ateliers de réflexion, de conception et d’évaluation des projets de développement durable de la ville".

Il faut dire que la ville compte une quinzaine d'associations particulièrement actives sur le front de l'environnement. Lesquelles lancent régulièrement des actions de sensibilisation et n'hésitent pas à mobiliser des bénévoles pour des actions de nettoyage par exemple. Parmi elles, l'Association des énergies vertes et développement durable, qui fait partie du réseau d'associations qui participent à la COP22.

En attendant, plusieurs initiatives sont lancées dans la "perle du Rif". Dernière en date, un marathon écologique le 31 octobre au parc national de Talassemtane pour "sensibiliser les coureurs au potentiel naturel de la ville bleue du Rif, mais aussi les encourager à mener des actions en faveur de l'environnement". Une course à pied en pleine nature qui réunira 300 coureurs qui devront traverser un parcours de 30 kilomètres, tout en limitant l'impact écologique.

Une feuille (verte) de route avec le ministère du Tourisme

En juillet 2015, un contrat programme régional a été signé entre la ville et le ministère du Tourisme. "La feuille de route touristique de la région porte également sur l’identification d’un portefeuille de produits éco-touristiques et de stations vertes. Au programme, la création d’une station verte à Akchour, la création d’un écolodge et un gîte Panda dans l’arrière- pays. La région connaîtra également le développement d’un camping et des hébergements touristiques dans l’arrière-pays de Chefchaouen", écrit Aujourd'hui le Maroc.

Le 20 juillet dernier, Chefchaouen avait d'ailleurs été choisie pour accueillir les participants de la MedCOP Climat qui se tenait à Tanger, sorte de COP22 des pays méditerranéens, pour une visite de la ville sous le thème de la transition écologique.

Un an plus tôt, les travaux de construction de la première auberge écologique du Maroc avaient été lancés dans la région Chefchaouen, plus précisément à Mokrisset. Pour ce projet baptisé "Le Djebli Club", plus d'une vingtaine de bénévoles avaient été mobilisés et une campagne de financement participative avait été lancée. Son objectif? Permettre à ses visiteurs ainsi qu'aux habitants de la région de renouer avec la nature.

Front commun avec Malaga

La ville bleue, qui bénéficie d'un programme de l'Union européenne visant à mettre en œuvre des actions en faveur de l’énergie durable, a aussi récemment mis en place une série de projets pour faire de Chefchaouen une ville modèle en matière de gestion énergétique.

Démarré en 2015, le programme, appuyé par une enveloppe budgétaire de l'UE d'environ 10 millions de dirhams, devrait aboutir en 2018.

Chefchaouen, qui est par ailleurs membre fondatrice de l’Association marocaine pour des éco-villes (AMEV), avait scellé un partenariat en 2011 avec la ville espagnole de Malaga afin de s’inspirer de son expérience en matière de développement durable dans des domaines comme le transport, l'énergie ou l’éducation environnementale. La région de Chaouen est aussi connue pour ses plantations de cannabis. Beaucoup de touristes se rendent sur place pour consommer ce produit du terroir marocain. C'est dire si la ville bleue du Rif a la main verte.

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