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Dans la fonction publique marocaine, hommes et femmes ne sont pas égaux

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WOMEN EQUALITY
Dans la fonction publique marocaine, hommes et femmes ne sont pas égaux | Brigitte Wodicka
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PARITÉ - Dans la fonction publique marocaine, hommes et femmes ne sont pas égaux, au grand dam des nombreuses associations qui luttent depuis plusieurs années pour instaurer la parité. En 2016, le taux d'emploi des femmes dans la fonction publique était de 38,6%, contre 36,8% une année auparavant.

Six ministères concentrent à eux seuls 90% des fonctionnaires de sexe féminin. Il s'agit du ministère de la Santé, celui de la Justice, le ministère de l'Économie et des finances, le ministère de l'Education, le ministère des Habous et le ministère de l'Intérieur.

Si dans le département de Houcine Louardi, les femmes sont majoritaires avec une participation de 58,9%, ce n'est pas le cas dans le département de la Justice qui emploie 45% des femmes, ni celui des Finances avec 42%, encore moins le ministère de l’Education nationale (enseignement supérieur inclus) et celui des Habous avec 41% chacun. Le ministère de l'Intérieur, compte, lui, seulement 21% de fonctionnaires de sexe féminin.

En nombre, les ministères de l'Education et de l'Enseignement supérieur comptent à eux seuls près de 58% de l'effectif de la fonction publique marocaine.

"Le taux de féminisation dans la fonction publique reste faible, au regard de celui enregistré par les hommes, qui est de 61,4% en 2016", lit-on dans le Projet de loi de finances 2017.

"Des efforts doivent êtres déployés pour relever ce taux en vue de concrétiser les principes fondamentaux prescrits par la nouvelle Constitution prônant la parité entre l'homme et la femme", ajoute le document.

Par quel moyen? "Cet objectif ne peut être atteint qu'à travers l'amélioration du taux de scolarisation des filles principalement en milieu rural", préconise le PLF.

Les femmes sont également sous-représentées au sein des institutions politiques. A l'issue des élections législatives du 7 octobre, 81 femmes ont été élues députées sur un total de 395. 71 d’entre elles ont été désignées par un système de quota (60 sur la liste nationale des femmes, et 11 sur la liste des jeunes), et 10 autres ont été normalement élues dans des circonscriptions locales, ce qui porte le taux de participation des femmes à 21% seulement.

Nouzha Skalli, qui a fait de la participation politique des femmes son cheval de bataille au sein de son parti (PPS) et à l’intérieur même de l’exécutif, avait récemment plaidé pour l’instauration d’un seuil critique du tiers des femmes au sein du parlement.

Hormis la fonction publique, "les femmes représentent près d'un tiers des cadres supérieurs", tandis qu'elle sont "sur-représentées dans les secteurs où les conditions de travail sont précaires, comme l'agriculture, le travail domestique et le textile", selon un récent rapport du Conseil économique et social.

Les femmes sont également moins bien rémunérées que les hommes pour effectuer les mêmes tâches. En 2010, le Haut commissariat au plan évaluait cet écart à 40%. Un fossé qui se creuse davantage dans le milieu informel, tandis qu'un écart de 15% est observé dans le secteur formel.

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