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Violents combats dans la ville syrienne d'Alep après la fin d'une trêve

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Anadolu Agency via Getty Images
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La trêve "humanitaire" de trois jours décrétée par la Russie et le régime syrien dans la ville d'Alep (nord de la Syrie) a été trop fragile pour permettre à l'ONU d'évacuer des blessés des quartiers rebelles.

Après avoir intensifié depuis le 22 septembre ses bombardements sur la partie Est de la ville et ses quelque 250.000 habitants, s'attirant des accusations de "crimes de guerre", la Russie avait décrété une pause dite "humanitaire" de trois jours, qui s'est terminée à 19H00 locale (16H00 GMT) samedi.

Cette trêve n'a pas permis à l'ONU d'évacuer 200 blessés bloqués dans les quartiers Est assiégés depuis juillet par Damas et ses alliés, qui avaient besoin de sortir d'urgence. Les Nations unies, qui avaient réclamé une prolongation du cessez-le-feu jusqu'à lundi, ont évoqué des conditions de sécurité insuffisantes.

Par ailleurs, les huit corridors établis par la Russie pour permettre aux habitants et aux rebelles qui le souhaitent de quitter les quartiers Est sont restés déserts. "Personne n'est sorti par les couloirs", a confirmé à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Les autorités russes et les médias étatiques syriens ont accusé les rebelles d'avoir empêché toute sortie, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov assurant que les combattants avaient recours "aux menaces, au chantage et à la force brute" pour bloquer les couloirs.

- Reprise des combats -

Peu après l'expiration de la trêve, de violents combats ont de nouveau éclaté entre les forces du régime et les rebelles. Des tirs d'artillerie, des combats ainsi que des frappes aériennes ont été signalés dans plusieurs quartiers de la deuxième ville de Syrie, devenue un enjeu majeur dans le conflit qui a fait plus de 300.000 morts depuis 2011.

Un correspondant de l'AFP dans les quartiers Est a confirmé avoir entendu des tirs d'artillerie secouant toute la zone. Trois personnes ont été blessées dans les zones rebelles, selon un premier bilan de l'OSDH.

Cette reprise des combats à Alep, déjà ravagée par des mois de bombardements, fait craindre une catastrophe humanitaire.

Les quatre dernières semaines de bombardements intenses du régime et de la Russie sur Alep-Est ont fait environ 500 morts et 2.000 blessés, selon l'ONU, entraînant la destruction d'infrastructures civiles, notamment des hôpitaux.

"Le régime et les rebelles ont chacun renforcé leurs effectifs militaires, ce qui nous fait craindre, en cas d'un échec du cessez-le-feu, une vaste opération militaire", a prévenu M. Abdel Rahmane.

La Russie avait accusé vendredi les rebelles de "profiter du cessez-le-feu" pour préparer une grande offensive.

A Moscou, le porte-parole du président Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a justifié samedi l'intervention militaire russe en Syrie, soulignant dans un entretien avec la chaîne publique Rossia-1 la nécessité de "libérer" ce pays des jihadistes, tout en maintenant Bachar al-Assad au pouvoir.

- Armes chimiques -

A New York (Etats-Unis), le Conseil de sécurité des Nations unies avait reçu vendredi un rapport confidentiel concluant que l'armée syrienne avait mené une nouvelle attaque à l'arme chimique, sans doute au chlore, à Qmenas, dans la province d'Idleb (nord-ouest), contrôlée par les rebelles, le 16 mars 2015.

Au total, sur les neuf attaques chimiques présumées étudiées par les experts onusiens, trois ont été attribuées au régime syrien et une au groupe jihadiste Etat islamique (EI), au gaz moutarde, à Marea, près d'Alep, en août 2015.

Au nord d'Alep, les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde, se sont retrouvés dans plusieurs villages sous un déluge d'artillerie de l'armée turque et de ses groupes rebelles alliés, selon l'OSDH.

La Turquie a lancé le 24 août une offensive sans précédent en Syrie, baptisée "Bouclier de l'Euphrate". Elle vise à chasser de la frontière les jihadistes de l'EI, ainsi que les rebelles kurdes.

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