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Espagne: les socialistes décident de laisser Rajoy gouverner, après dix mois de paralysie politique

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A PSOE supporter holds placards reading '17 Judas out' 'PSOE without chiefs' outside the Spanish Socialist Party (PSOE) headquarters in Madrid during an extraordinary meeting of the PSOE Federal Committee, on October 23, 2016.Spain's embattled Socialists gather today for a crunch strategy meeting expected to see the party lift its veto on a minority conservative government and finally unblock the country's ten-month political deadlock. / AFP / GERARD JULIEN (Photo credit should read GERAR | GERARD JULIEN via Getty Images
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Le Parti socialiste d'Espagne (PSOE) a décidé ce 23 octobre de laisser le conservateur Mariano Rajoy former un nouveau gouvernement. Le PSOE met ainsi un terme à la paralysie politique qui a duré dix mois en évitant les troisièmes élections en un an.

Les délégués du comité fédéral du PSOE, réuni à Madrid, ont décidé à une large majorité de 139 contre 96 de s'abstenir lors du vote de confiance pour permettre à Rajoy, au pouvoir depuis fin 2011, de former le prochain gouvernement, minoritaire cette fois, a annoncé le parti.

Le PSOE, fracturé et battu en brèche par le nouveau parti antiaustérité Podemos, évite ainsi aux Espagnols de retourner aux urnes pour la troisième fois en un an, un scrutin où il risquait une nouvelle déroute.

"La répétition des élections serait nuisible aux intérêts de l'Espagne et des Espagnols", dit la résolution qui l'a emporté. Elle pourrait aussi nuire aux socialistes "qui feraient figure de principaux responsables d'un blocage dont personne ne veut".

Débat ordonné

Le comité fédéral, qui fixe la ligne du parti entre les congrès, a pris sa décision après un débat bien ordonné, contrairement aux invectives et aux menaces de la réunion chaotique du 1er octobre, qui a abouti à la démission forcée du secrétaire général du parti, Pedro Sanchez.

Celui-ci refusait catégoriquement de laisser le conservateur Mariano Rajoy se maintenir au pouvoir, après un premier mandat marqué par les scandales de corruption et les inégalités croissantes.

Les adversaires de Sanchez ont préféré avaler cette couleuvre et rester dans l'opposition plutôt que de risquer un résultat électoral encore plus humiliant qu'en décembre 2015 et en juin 2016.

Confiance avant la fin du mois

Le Parti populaire (PP) de M. Rajoy avait remporté ces deux derniers scrutins, mais sans majorité absolue et sans alliés. Pour former un gouvernement minoritaire, il a besoin que les députés socialistes votent la question de confiance ou au moins s'abstiennent.

Le comité fédéral n'a pas décidé si le jour du vote décisif, le 29 ou le 30 octobre, les députés du PSOE s'abstiendront en bloc, ou seulement 11 d'entre eux, le minimum requis pour laisser la voie libre à Mariano Rajoy.

Ce dernier devrait donc obtenir la confiance de la chambre avant la fin du mois et l'Espagne retrouver un gouvernement en novembre après plus de 300 jours d'intérim.

Un Gouvernement en manque de légitimité

Ce sera cependant un gouvernement faible, appuyé par 137 députés sur 350, qui devra guider le pays à la sortie d'une crise économique dévastatrice, avec un taux de chômage de 20%.

Rajoy semble décidé à faire preuve de souplesse. "Si je veux obtenir plus d'appuis, il est logique que je doive adopter mon discours à la nouvelle situation", a-t-il déclaré vendredi en marge d'un sommet européen.

"Le plus probable est que ce sera une législature courte", de moins de quatre ans, prévoit le politologue Pablo Simon.

Les socialistes, ainsi que Podemos et les libéraux de Ciudadanos, les deux nouveaux partis qui ont bouleversé les équilibres au parlement, sont décidés à mener la vie dure aux conservateurs.

Mais pour le PSOE, plus ancien parti d'Espagne, le mal est fait. Beaucoup d'élus craignent de se couper de leur base en s'abstenant en faveur de Rajoy, après avoir promis de mettre fin à son règne.

Dans une interview au journal en ligne El Español, la députée socialiste Susana Sumelzo estime que son parti souffrira "sans aucun doute" au prochain scrutin, "pas seulement à cause de l'abstention mais aussi à cause du spectacle honteux que nous avons donné au cours des derniers jours".

"Je prévois que ça va être très compliqué à moyen et à long terme. Nous allons devoir travailler énormément pour retrouver notre crédibilité", dit-elle.

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