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Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugies aide la Tunisie à se préparer à un "afflux potentiel" de réfugiés

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REFUGEES TUNISIA
ASSOCIATED PRESS
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Après un passage à Sfax et à Sousse et dans le cadre d'une visite au gouvernorat de Tataouine et de Médenine afin de s'enquérir de la situation des réfugiés en Tunisie, le représentant du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugies en Tunisie, Mazin Abu Shanab, a accordé une interview au HuffPost Tunisie dans laquelle il revient sur le présent mais aussi l'avenir des réfugiés.

Les réfugiés, bien traités en Tunisie

Si à la suite de la guerre en Libye, la Tunisie a connu une grande ruée de réfugiés fuyant un chaos certains, aujourd'hui, seulement 800 sont encore en Tunisie estime Mazin Abu Shanab: "La situation des réfugiés en Tunisie est bonne. Ils sont bien acceptés et respectés par le peuple et par les autorités" contrairement à d'autres pays où leur situation est catastrophique, indique t-il.

"Les Tunisiens sont chaleureux et accueillants" insiste t-il, affirmant qu'aucun "problème grave" n'a été enregistré.

Si la Tunisie connait de moins en moins d'entrées de réfugiés, il n'empêche que tout reste possible en fonction de l'évolution de la situation en Libye: "il ne faut pas négliger l'évolution des événements en Libye" car "tout peut évoluer très vite et remettre la Tunisie face à un fort afflux de réfugiés".

C'est aussi une des raisons de sa présence dans ces gouvernorats: "Nous discutons effectivement avec les autorités de l'élaboration de plans face à un afflux potentiel" indique Mazin Abu Shanab.

Donner aux réfugiés un nouveau départ

Un des projets mis en place par le HCR et discuté avec les autorités locales est le projet "Livelihoods": "La question de l'avenir des réfugiés dans les pays d'accueil est primordiale: il faut qu'ils trouvent leur indépendance, qu'ils aient leurs projets et on va les soutenir avec du "vocational training" et dans l'élaboration de micro projets", indique t-il.

Le HCR en collaboration avec les autorités tunisiennes a pour objectif, à travers ce projet,"de permettre à toutes les personnes relevant de sa compétence de gagner leur vie de façon durable et sûre afin de pouvoir satisfaire leurs besoins fondamentaux".

Immigration clandestine et sauvetage en mer

Après un détour au passage frontalier de Ras Jedir, un workshop est organisé à Djerba afin de former les autorités aux techniques de sauvetage en mer.

"Notre mission a pour objectif de suivre et évaluer les projets et les interventions du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés avec ses partenaires, et de vérifier la situation des personnes placées sous la responsabilité de l’organisation à Médenine et Tatatouine", affirme-t-il.

Mais s'il est là, c'est avant tout pour le projet "rescue at sea".

Le Haut Commissariat organise un atelier de travail d’envergure s’inscrivant dans la thématique du sauvetage en mer, et offre une formation avancée sur les techniques de sauvetage car les eaux territoriales tunisiennes représentent un point de passage vers l'Europe à travers l'immigration clandestine qui se fait de Libye: "Il faut toujours être prêt à des interventions humanitaire en Méditerranée", déclare-t-il.

La Tunisie a connu un afflux important de réfugiés alors qu'éclatait la guerre en Libye en 2012. Près d’un million de personnes, dont plus de 660 000 Libyens et plus de 200 000 ressortissants d’autres pays ont traversé la frontière séparant la Libye de la Tunisie afin de trouver refuge.

Aujourd'hui, seulement 800 réfugiés enregistrés par l'UNHCR sont encore en Tunisie.

Concernant l'immigration clandestine, selon le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), près de 40 000 migrants tunisiens ont traversé le canal de Sicile vers l’Italie rien qu'en 2011.

Alors qu’elle ne constituait pas auparavant une importante voie d’accès vers l’Europe, la Tunisie se trouve depuis le début 2011 au coeur d’un débat sur l’asile et les migrations, de par sa situation géographique en face du vieux continent considéré comme l'Eldorado.

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