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Une Congolaise prête à accoucher est retenue à l'aéroport de Casablanca sans raison selon le GADEM

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Une Congolaise prête à accoucher retenue à l'aéroport de Casablanca selon le GADEM | Blend Images
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IMMIGRATION - Une femme originaire de la République démocratique du Congo, qui doit accoucher dans quatre jours, est retenue en zone d'attente à l'aéroport Mohammed V de Casablanca depuis le 19 octobre.

L'entrée sur le territoire de Christelle T., après être partie trois mois à Kinshasa pour les obsèques de son père, a été refusée le 8 octobre. Elle est pourtant résidente au Maroc. "Aucun notification de la décision ni explication ne lui a été donnée, ce qui est totalement illégal", indique la coordinatrice du Groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des migrants (GADEM) au HuffPost Maroc.

"Nous avons été mis au courant de ce refus d'entrée sur le territoire par une association. Comme elle était enceinte et après avoir fait un malaise d'hypertension, la femme, qui habite depuis trois ans au Maroc et a obtenu son titre de séjour dans le cadre de la vague de régularisation menée l'année dernière, a été transportée à l'hôpital", nous explique-t-elle.

Placée sous surveillance policière à l'hôpital Ibn Rochd de Casablanca, Christelle T. a été reconduite mercredi 19 octobre à l'aéroport de Casablanca et n’aurait reçu aucune nourriture depuis. Son état de santé est "inquiétant", selon la coordinatrice du GADEM, qui est en contact téléphonique avec elle.

"Non seulement son titre de séjour est valable jusqu'en 2017, mais en plus on ne peut expulser du territoire une femme enceinte", rappelle-t-elle, "d'autant plus que selon son médecin, le terme de sa grossesse est le 24 octobre".

Selon les articles 26 et 29 de la loi 02-03 relative à l'entrée et au séjour des étrangers au Maroc, la femme étrangère enceinte ne peut en effet faire l'objet d'une expulsion ou d'une reconduite à la frontière. "On a contacté un avocat à Casablanca qui est en train de voir avec le procureur pour faire état de sa rétention, pour qu'il y ait un constat".

Dans un communiqué, le GADEM "demande aux autorités compétentes de prendre les mesures nécessaires pour que celle-ci puisse être libérée et avoir accès au territoire marocain sans délai. Elle devrait également recevoir les soins nécessaires au regard de son état de santé".

Ce n'est pas la première fois que la rétention d'une personne à l'aéroport de Casablanca fait parler d'elle. En juillet 2015, un ressortissant sri lankais était resté près de 40 jours dans la zone de transit du terminal, avant d'être finalement expulsé.

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