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Des images satellite d'Amnesty International montrent la dévastation d'Alep en Syrie

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ALEP
Des images satellite d'Amnesty International montrent la dévastation d'Alep en Syrie | Amnesty international
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INTERNATIONAL - Des clichés glaçants. Amnesty international a dévoilé mercredi 19 octobre de nouvelles images satellite de la ville syrienne d'Alep montrant que 110 sites ont été touchés en deux semaines d'intenses bombardements russes et syriens.

L'organisation de défense des droits de l'Homme affirme que des bombes à fragmentation de fabrication russe ont été utilisées dans ces raids sur l'est de la ville alors que cette arme particulièrement meurtrière pour les civils est interdite par des conventions internationales.

Ces bombardements "font partie d'une stratégie militaire délibérée pour vider la ville de ses habitants et en prendre le contrôle", affirme Amnesty. En une semaine, 90 sites ont été endommagés ou détruits dans une zone de la taille de Manhattan, selon les photos analysées par Amnesty.

"L'ampleur des destructions et des pertes humaines dans la partie est d'Alep depuis un mois est navrante", a estimé Lynn Maalouf, directeur adjoint au bureau de Beyrouth d'Amnesty. "Les forces syriennes, avec le soutien de la Russie, ont mené des attaques sans relâche au mépris des dispositions fondamentales des lois humanitaires".

Amnesty a examiné des photos prises depuis trois semaines et montrant des débris de bombes à fragmentation et les a soumises à des experts qui ont déterminé que ces bombes étaient d'origine russe.

L'utilisation de ces munitions sur Alep-est "montre une nouvelle fois la détermination des forces gouvernementales syriennes et de leurs alliés russes à créer un environnement hostile et meurtrier dans la ville afin d'en chasser les civils coûte que coûte".

Les images satellite montrent de larges cratères dans des zones fortement peuplées, là où se trouvaient des immeubles détruits par les bombardements incessants que connaît cette partie de la ville depuis le 22 septembre.

Ces révélations d'Amnesty interviennent à la veille d'une réunion spéciale jeudi sur la situation à Alep à l'Assemblée générale de l'ONU, et de la trêve humanitaire décrétée par la Russie, qui a commencé ce jeudi après plusieurs semaines d'une offensive meurtrière visant les quartiers rebelles et qui a tué des centaines de civils.

Cette "pause humanitaire" a débuté à 7h heure française. Depuis deux jours déjà, le régime du président Bachar al-Assad et son allié russe ont suspendu leurs raids aériens visant les quartiers Est d'Alep, où vivent quelque 250.000 personnes.

Huit couloirs humanitaires, dont six pour l'évacuation de civils, de malades et de blessés, et deux pour le retrait de rebelles armés, mais qui peuvent également être utilisés pour les civils, seront ouverts, a annoncé mercredi l'état major russe.

Le président François Hollande, qui a déclaré mercredi soir avoir "l'impression" que la trêve pourrait être "prolongée" par rapport à ce qui est prévu, suite à des entretiens avec son homologue russe et Angela Merkel, a par ailleurs dénoncé les bombardements russo-syriens à Alep comme un "crime de guerre".

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