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Tunisie: Ce médecin pose une question à un patient de 10 ans, ce qu'il apprend va le bouleverser

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SAMIR
Facebook/Hafedh Dalali ben amor
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Parfois, il suffit d'une question pour faire basculer une vie.

Samir Khemili est médecin à Gafsa, et comme tous les médecins, il en voit des vertes et des pas mûres.

Jeudi 13 octobre, il reçoit un enfant de 10 ans, victime d'une fracture à la jambe. Avant l'anesthésie précédant l'opération, Samir entame une discussion avec lui afin de le rassurer.

Au fil de la discussion, il s'avère que ce garçon n'a jamais mis les pieds à l'école.

Face à cette situation, le médecin appelle les délégués régionaux à l'Education et à l'Enfance afin de le scolariser dans les plus brefs délais. La situation sociale de l'enfant et de sa famille étant précaire, et grâce à l'entremise de Samir Khemili une librairie de la région a offert à l'enfant l'ensemble des fournitures nécessaires pour toute l'année scolaire.

Intervenant sur Mosaïque Fm, le médecin affirme: "On était en salle d'opération, et comme d'habitude avec les enfants, j'essaye de discuter avec eux, de les divertir avant que l'anesthésiste commence son travail. Je lui ai posé la question 'en quelle année est-tu?' (...) Il m'a répondu spontanément et en toute innocence qu'il n'allait pas à l'école".

"J'étais choqué, je me suis dis que peut-être il avait abandonné ses études, c'est alors qu'il m'a dit qu'il n'avait jamais été à l'école" raconte Samir Khemili.

Après l'opération, le médecin est allé voir la mère de l'enfant qui attendait devant l'hôpital: "Je suis allé lui poser la question, je me suis dit que, peut-être, il racontait n'importe quoi (...) Sa mère m'a affirmé qu'il n'avait jamais mis les pieds dans une école".

Pire encore déclare le médecin: "Il a un frère qui a 8 ans dans la même situation",

Issu d'une fratrie de 7 enfants, le jeune garçon n'a pas eu la chance d'aller à l'école contrairement à certains de ses frères et soeurs: "Il a une soeur qui est collège et une autre à l'école. Pour les autres, ils n'ont pas trouvé les moyens de leur acheter les fournitures scolaires", indique le médecin.

"C'est surement pour une raison économique et une ignorance de la loi. Ce que je sais, c'est que l'éducation est obligatoire" selon Samir Khemili.

Ce dernier n'a laissé l'enfant quitter l'hôpital qu'une fois inscrit à l'école: "Bien sûr en tant que médecin, je m'occupe de la chirurgie (...) mais un patient ce n'est pas seulement une situation médicale. Si on peut aider psychologiquement, socialement ou d'une autre manière, je ne dis pas non".

Pour aider le jeune garçon et sa famille, Samir Khemili a appelé le délégué régional à l'Education de Gafsa: "Je lui ai expliqué la situation, et je le remercie, car il est venu voir cet enfant hier à l'hôpital. Il a parlé à sa famille et a invité son père à la délégation où ils ont pris ensemble les mesures nécessaires" pour que l'enfant et son petit frère trouvent enfin le chemin de l'école.

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