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À Disrupt!/ Graphics!/, de jeunes Marocains mettent leur créativité au service de l'environnement

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DISRUPT
Achraf Younssi
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DESIGN - Mettre les arts visuels au service des challenges environnementaux et sociaux auxquels fait face le Maroc, c’était le but de la première édition de Disrupt!/Graphics!/, qui s’est tenue du 14 au 16 octobre à l’espace de co-working Dare Inc., géré par l’organisation Moroccan Cise.

Le concept de ce programme? Plusieurs équipes mêlant jeunes graphistes, entrepreneurs et passionnés du design se sont réunis pour une sorte de hackathon éco-responsable. Durant trois jours, ils devaient concrétiser une idée avant de la présenter devant un panel de spécialistes qui ont jugé de la qualité de leur travail.

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Nous sommes samedi après-midi, et les différents participants sont en train de peaufiner leurs projets. Pour les aider à mieux ancrer leurs idées dans la réalité, des mentors de différentes disciplines s'installent chacun sur une table, et reçoivent un à un les participants dans le cadre de “speed-dating”. En quinze minutes, ils doivent écouter les participants et leur fournir des conseils personnalisés pour mieux étoffer leur projet.

“Si nous sommes là, c’est pour rencontrer des artistes et des gens intéressants, nous avons aussi eu l’occasion de rencontrer des coachs qui nous ont beaucoup appris”, confie au HuffPost Maroc Chouaïb Talha, designer multidisciplinaire dont l’atelier est établi à Settat, et qui collabore avec plusieurs enseignes de prêt-à-porter en Europe.

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L’organisateur de l’événement, Mohamed Rahmo, lui, explique que ce projet n’est qu’une première étape dans le cadre du programme global de son organisation, madNess. “Nous souhaitons, à terme, faire évoluer les industries créatives, qu’elles soient capables de créer la richesse. Il est aussi essentiel de créer des points de rencontre, comme celui-ci, pour les gens qui exercent des métiers créatifs, afin qu’ils puissent créer des synergies et aller de l’avant”, nous explique-t-il lors de la pause café.

Dimanche matin, neuf heures. La douzaine de participants a déjà rejoint l’espace de co-working afin de finaliser les présentations. Siham, fondatrice de l’Art deux mains, un petit business où elle crée des coussins personnalisés à la main et où elle organise des ateliers de recyclage pour adultes et enfants, écrit les derniers détails de sa présentation. Mohamed Adil, lui, retouche sur Photoshop les derniers “slides” de sa présentation, où il présente Eco-Icon, une application qui fournit des conseils éco-responsables aux utilisateurs et leur permet de noter des produits écologiques.

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Omar Moussali, de son côté, propose un projet purement créatif: une web-série qui suit un sac noir en plastique et une feuille en papier abandonnés dans la nature. Mohamed El Makrini expose des tutoriels qu’il publie sur internet afin de créer des objets à partir des déchets de tous les jours.

En somme, les projets diffèrent les uns des autres et n’ont de point en commun que la créativité au service de l’environnement et de la société. Dimanche après-midi, la tension est à son comble, certains grignotent leurs sandwiches rapidement avant de livrer leurs présentations PowerPoint aux organisateurs.

Les présentations défilent. Chacun doit défendre son projet en cinq minutes, et répondre aux questions du jury en deux minutes. Un jury composé de spécialistes en marketing, de personnalités de la société civile et d’entrepreneurs. Les candidats s’enchaînent et redoublent de créativité. A la fin des présentations, il est un peu plus de 18 heures et tout le monde est stressé. Vient ensuite un membre du jury qui prononce enfin le verdict.

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Et c’est Madrasti Lhilwa, un projet porté par Youssra et Ayoub, qui vise à mettre les graphistes et street-artistes au service des écoles, pour égayer leur environnement, qui remporte le premier prix, soit un chèque de 2.500 euros. S’en suivent un projet de web-série ecolo-friendly, défendu par le jeune ingénieur Omar Moussali, et une bande-dessinée basée sur le recyclage, présentée par Abdellah, un étudiant en graphisme à Marrakech.

Pour Mohamed Rahmo, le fondateur de madNess, qui organise l’événement, ce n’est qu’un début. “Cet événement prouve qu’il y a des gens créatifs au Maroc qu’il faut encourager. Nous continuerons à travailler plus pour leur permettre d’accéder à des espaces qui valorisent davantage leur création.”

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