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Barbaria de Houbeb Khechine, le docu-fiction qui fait croire en la magie des rencontres, réal

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CINEMA- Passé et présent, réalité et fiction, tous s’entremêlent à travers la plume de Houbeb Khechine pour dévoiler un moment méconnu de l’Histoire de la Tunisie et s'interroger sur l'appellation qu'on lui donnait à l'époque: "Barbaria".

Cinq ans de recherche et 30 ouvrages plus tard, Houbeb se retrouve au 18ème siècle, un 28 juillet 1732 et dévoile la magie du passé, lors d'une rencontre entre 3 hommes, qui se sont, un jour, rencontrés à "Barbaria".

Le film, court-métrage d'une trentaine de minutes, réunit des personnages du passé et des jeunes d'aujourd'hui: Le scénario suit le parcours de deux lycéens qui préparent un exposé sur Rachid Bey, et qui vont faire la rencontre de fantômes du passé.

on m appelait barbaria

Il a été tourné dans des lieux cultes tunisiens à l'instar du Palais du Bardo, Kouba Enhas, le siège de la Rachidia, le Palais Ennejma Ezzahra, les Thermes d’Antonin, les Haras d’El Batten, la bibliothèque nationale ainsi qu’à la Médina de Tunis.
Musique et lectures de passages extraits de documents historiques, ou encore des poèmes de Rachid Bey viennent vivifier le décor.

Traces écrites

Houbeb Khechine, passionnée de lecture, s’est vue offrir par son mari un livre qui donnera un nouveau sens à sa vie, le point de départ de son premier scénario: le recueil personnel des poèmes de Rachid Bey.

Elle y découvre le poète qu'il était et décide de se plonger dans d'autres lectures à la découverte de la Tunisie d'antan.

houbeb khechine

Elle enchaîne alors avec l'oeuvre du chroniqueur et historien tunisien, Mohamed Seghir Ben Youssef "Tārīkh al-mashra al-milkī fī salṭanat awlād Alī Turkī", qui relate les événements survenus pendant le règne des Husseinites.
Elle fait ensuite le tour des correspondances entre le Bey et le consul de France à Tunis, Boyer de Saint Gervais.

Les deux voyageurs eux-mêmes ont gardé des traces écrites de cette rencontre, Thomas Shaw dans son ouvrage "Voyages de Monseigneur Thomas Shaw, dans plusieurs provinces de la Barbarie et du Levant..." et le carnet de voyage de Johann Ernst Hebenstreit "Voyage à Alger, Tunis, Tripoli...".

Une carrière imprévue

Houbeb Khechine passe de la direction régionale de l'API à l'écriture de scénarios. Etant à la retraite, elle y consacre tout son temps.
Ce docu-fiction vient faire toute la distinction entre les faits historiques, ceux qu’on apprend à l’école, et les histoires qui passent inaperçues, mais qui sont d'une valeur bien plus profonde pour les enfants de la Tunisie.
Et c'est cette magie qu'elle voulait partager.

on m appelait barbaria

"C'est à Abderraouf Aissaoui de SIQA Films que j'ai fait appel, et il a cru en moi. Et c'est grâce au réalisateur, Lassaad Oueslati, que mes mots ont été transformés en images." raconte Houbeb en hommage aux membres de l'équipe.

walid beji

Dans le rôle principal, on retrouve Walid Beji, celui-ci raconte aussi au HuffPost Tunisie comment il est d'abord devenu modèle photo, il y a de cela 1 an et demi, quand il est allé se promener à la foire du Kram, et fut remarqué par un styliste, qui lança sa carrière.

Il décroche ensuite son premier rôle au cinéma. Ce qui étonne Houbeb, c'est qu'il était là et correspondait parfaitement à sa description.

La scénariste prépare son deuxième scénario, pour un long-métrage cette fois-ci.

Pour l'Histoire

Une expédition scientifique en "Barbarie" sous l'ordre du roi de Pologne fut lancée. Johann Ernst Hebenstreit, médecin et naturaliste allemand dirigeait le groupe. Ils arrivèrent d'abord à Alger à la rencontre de Thomas Shaw, voyageur britannique qui les guidera vers la Régence de Tunis.

on m appelait barbaria

Leur visite coïncide avec le passage de la mhalla à Beja (collecte des impôts après les récoltes de l'été). Le Bey y était donc, accompagné de son fils, Rachid Bey qui allait lui succéder.

C'est donc à Béja qu'ils se rencontrent tous les trois, Hebenstreit devait aller remettre au Bey les amitiés du roi.
Une rencontre unique après laquelle chacun reprit son chemin, mais qui s'est inscrite dans leurs mémoires, et qui passionna la scénariste.

on m appelait barbaria

Les deux Européens furent charmés par Tunis et son peuple, et décrivent dans leurs ouvrages le Palais du Bardo, Tunis, Carthage et bien d'autres endroits.

"C'est Thomas Shaw et Johann Hebenstreit qui remettent en question l'appellation "Barbaria", et font son éloge, car ils ont découvert le vrai visage de cette civilisation. Si pour eux, Barbaria réfère à la barbarie, ce même mot avait une tout autre signification pour les habitants de l'époque, car il pouvait être traduit par "le pays des richesses" ou encore "le pays du blé"" explique Houbeb.

"Le film parle de cette "Barbaria" qui n'a, en fait, rien à voir avec la barbarie," raconte la scénariste au HuffPost Tunisie, "Les voyageurs découvrent un lieu où on fait de la musique, le "Malouf", on construit des palais, on pratique la médecine, un peuple civilisé et bienveillant, contrairement à ce qu'on aurait pu leur raconter"

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