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L'Istiqlal convainc l'USFP de rejoindre la majorité, une manière de contrecarrer l'alliance RNI-UC?

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HAMID CHABAT ET DRISS LACHGAR
Driss Lachgar et Hamid Chabat, lundi 17 octobre au siège de l'Istiqlal | DR
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NÉGOCIATIONS - L'Union socialiste des forces populaires (USFP) veut passer à la majorité. La décision, prise lors d'une rencontre des instances dirigeantes de l'Istiqlal et de l'USFP, qui s'est tenue ce lundi 17 octobre en fin d'après-midi, fait suite à plusieurs rencontres informelles entre les dirigeants des deux partis.

Ce lundi, le parti de l'Istiqlal a annoncé la tenue d'une rencontre à caractère urgent avec l'USFP. L'objectif: arriver à une prise de position unifiée quant à une potentielle participation au prochain gouvernement. L'intention annoncée par l'Istiqlal est d'inciter "les partis nationalistes démocratiques à former un front unifié pour la lutte contre les atteintes portées aux choix démocratiques du royaume".

Durant la rencontre, Hamid Chabat assène quelques tirs au PAM et à Ilyas El Omari, appelant par la même occasion les deux partis à unir leurs forces et à refuser "le diktat de ceux qui croient pouvoir nous donner des ordres". À l'issue de la réunion, les deux partis décident de mener les négociations avec Abdelilah Benkirane en binôme.

Le Parti authenticité et modernité a senti le coup venir. Ce lundi, plusieurs articles et un édito au ton fleuri, publiés sur Qushq.ma, site d'information faisant partie du groupe de presse fondé par Ilyas El Omari, expliquent doctement que la gauche marocaine se fourvoie en cherchant à s'allier au PJD, qu'elle est "en état de décomposition" (sic) et qu'il "se dégage de la puanteur" (re-sic) des partis de la gauche. Et Driss Lachgar, allié jusqu'hier, est devenu, aujourd'hui, l'homme à abattre pour le PAM.

Considérations arithmétiques

Les faibles scores obtenus par le parti de l'Istiqlal et l'Union socialiste des forces populaires (USFP) lors des élections législatives d'octobre 2016, et le fossé qui s'est creusé entre, d'une part, le Parti de la justice et du développement (PJD), qui a obtenu 125 sièges, le Parti authenticité et modernité (PAM) et ses 102 sièges, et d'autre part, les autres formations politiques, a produit de drôles d'effets. L'un d'entre eux, et non des moindres, est d'avoir poussé les formations politiques à unir leurs forces pour maximiser leurs chances --et le nombre de portefeuilles ministériels qu'ils peuvent obtenir-- lors des négociations.

On connait l'étroitesse des relations entre le parti de l'Istiqlal et l'USFP, mais expliquent-elles, à elles seules, le revirement de la position des deux partis politiques? Ne s'agit-il pas, aussi, d'une réponse au Rassemblement national des indépendants (RNI) et à l'Union constitutionnelle (UC), qui ont choisi de faire front commun, et d'unir leurs 56 députés, loin devant l'Istiqlal et ses 46 députés?

Si l'alliance entre l'UC et le RNI fait partie d’une stratégie pour être en position de force au moment de négocier une seconde alliance, soit avec le Parti authenticité et modernité (PAM), soit avec le Parti de la justice et du développement (PJD), le parti dirigé par Hamid Chabat ne souhaite pas être en reste, ni ne supporte que le bloc UC-RNI lui dame le pion, et constitue la troisième force politique du royaume. D'où volonté d'alliance avec l'USFP, dans l'optique de disposer d'un groupe parlementaire de 66 députés, et ainsi faire face à l'axe RNI-UC.

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