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Ali Bouabid à Omar Balafrej: "Se réclamer des valeurs en politique, c'est d'abord s'astreindre à une certaine conduite, avec beaucoup de retenue"

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ALI BOUABID
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POLITIQUE - Lors de sa participation à l'émission "Confidences de presse", le député de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) Omar Balafrej est revenu sur la rentrée parlementaire, lors de laquelle il a déclaré avoir choisi de mettre le selham de Abderrahim Bouabid et le tarbouch de Bensaïd Aït Idder, s'attirant ainsi la réaction de Ali Bouabid, fils de Abderrahim Bouabid.

La question est adressée par le journaliste Abdellah Tourabi à Omar Balafrej: "Vous avez choisi d’arborer le symbole de deux figures de la gauche au Maroc: le selham de Abderrahim Bouabid, fondateur de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le tarbouch de Bensaïd Aït Idder, l’un des fondateurs de l’Organisation de l’action démocratique et populaire (OADP). Pourquoi ce choix?"

Réponse de Omar Balafrej: Bensaïd Aït Idder lui a conseillé de mettre "le tarbouch national. Et figurez-vous qu’il me l’a donné. je vais le garder le plus longtemps possible". Quant au selham, "mon père était un ami de Abderrahim Bouabid et c’était son médecin particulier. Lorsqu’il est mort, ma tante a donné ce selham à mon père".

"Une caution politique post-mortem"

Ali Bouabid, délégué général de la Fondation Abderrahim Bouabid, qui est un lieu de débats, de réflexion et de production intellectuelle sur les problèmes de société, n'a pas tardé à répondre sur les réseaux sociaux. "A Omar Balafrej, qui a fait une bonne prestation TV ce soir, et s’est donné pour 'boussole' une certaine éthique de l’engagement dans la vie publique, incarnée par Abderrahim Bouabid et d’autres grands de ce pays, j’adresse deux messages", écrit Ali Bouabid.

Le premier message, est que "se réclamer des 'valeurs' en politique, c’est d’abord s’astreindre à une certaine conduite, avec beaucoup de retenue, et non cultiver la posture que l’on 'markette'. Cette double attitude est par nature sinon non inconciliable, du moins contraire à l’éthique d’Abderrahim. Pour la petite histoire, Abderrahim Bouabid exhortait le directeur du journal de son parti, (Mohamed Brini) de ne pas publier de photos de lui à la Une. Il était ainsi, il trouvait le procédé indécent".

Le deuxième message adressé par Ali Bouabid à Omar Balafrej, c'est qu'"on ne met pas sur le même plan 'selham' et 'tarbouch' au risque de confondre symbole et bout de tissu. Dans le premier cas ou le tarbouch a été remis par M. Bensaïd en mains propres, il devient un symbole et équivaut à un encouragement politique que l’on peut choisir de rendre public. Dans le second cas, ou le selham a été prêté dans un cadre strictement familial; (comme deux membres d’une même famille se prêtent des affaires) il n’est rien d’autre qu’un bout de tissu sans valeur symbolique particulière. Choisir de le rendre public, s’est abusivement assimiler le port de cet objet, à une caution politique post-mortem. Et là aussi on s’égare".

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